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jeudi 14 février 2013

Le roman du mariage, Jeffrey Eugenides


Présentation de l'éditeur
Université de Brown, années 80. Madeleine Hanna est l'intellectuelle par excellence, la jeune femme douée qui fait une thèse sur « Jane Austen, George Eliot et la question du mariage dans le roman anglais ». Comme dans ces fictions qu'elle dissèque, elle se retrouve au cour d'un dilemme. Une femme, deux hommes : quelles possibilités ? Charismatique, séduisant, Leonard Bankhead n'en est pas moins dévoré par des accès maniaco-dépressifs. 
Mitchell Grammaticus, lui, est un étudiant presque trop sérieux, un ami fidèle. Bien sûr, Madeleine tombe sous le charme de Leonard. Bien sûr, Mitchell tombe sous le charme de Madeleine. Ils découvrent avec exaltation la littérature, Roland Barthes, les Talking Heads, la sémiologie et l'amour. Au fil des lectures, des discussions, des analyses, ils pensent apprendre à déchiffrer le monde. Mais la réalité ne fait pas de cadeaux, surtout à ceux qui pensent que les romans leur ont tout appris. 
Pour les trois jeunes gens, elle se révèle brutale : Madeleine et Leonard se marient, mais le jeune homme est rattrapé par ses pulsions autodestructrices. Mitchell fuit à Paris puis en Inde, sans parvenir tout à fait à oublier Madeleine.

Quelques mots sur l'auteur


Né à Detroit en 1960, Eugenides a toujours su qu'il serait romancier. A 15 ans, il lisait Ovide dans le texte, mais aussi tous les grands auteurs de la vieille Europe, dont les recettes lui semblent inoxydables. "Je crois à la forme classique, dit-il, et à cette chose vitale, essentielle au plaisir : une bonne histoire." Eugenides, c'est d'abord Virgin Suicides - adapté au cinéma par Sofia Coppola en 1999 - et c'est également l'inoubliable Middlesex - prix Pulitzer 2003 -, 700 pages qui tiennent de la saga familiale et de l'épopée génétique pour mettre en scène, sous le signe de la métamorphose, le plus improbable des personnages : un hermaphrodite, dont le destin se déploie entre les rives du Bosphore et le Michigan des sixties. (Source l'Express).

Parcours
1960 Jeffrey Eugenides naît à Detroit (Michigan).
1993 Premier roman, Virgin Suicides. Il a été adapté au cinéma en 1999 par Sofia Coppola.
2002 Deuxième roman, Middlesex, qui obtient le prix Pulitzer de la fiction en 2003.
2007 Il devient professeur de creative writing à l'université de Princeton (New Jersey).
2011 Troisième roman, The Marriage Plot, publié en 2013 en français sous le titre Le Roman du mariage.
(Source le Monde)

Avis

« Selon Saunders, le roman avait connu son apogée avec le roman matrimonial et ne s'était jamais remis de sa disparition. A l'époque où la réussite sociale reposait sur le mariage, et où le mariage reposait sur l'argent, les romanciers tenaient un vrai sujet d'écriture.
Les grandes épopées étaient consacrées à la guerre, le roman au mariage.
L'égalité des sexes, une bonne chose pour les femmes, s'était révélée désastreuse pour le roman. Et le divorce lui avait donné le coup de grâce.
De l'avis de Saunders, le mariage ne signifiait plus grand-chose, et il en allait de même pour le roman.
Qui utilisait encore le mariage comme ressort dramatique? Personne.
On n'en trouvait plus trace que dans les fictions historiques. »

Le roman du mariage est un livre qui nous permet d’aborder de nombreux thèmes : mariage, amour, littérature, homosexualité, sémiotique, années 1980’s, … Nos trois héros sont attachants, avec des bons et mauvais côtés, humains au final. Tous les trois ont des parcours différents et des chemins de vie, des passions diverses. Mitchell qui se révèle passionné par les religions et qui part en Inde pour aider les pauvres aux côtés de Mère Theresa ; Maddy, passionnée de littérature, qui se spécialise dans le roman du mariage et qui découvre la sémiotique ; et enfin Leonard, passionné de biologie, scientifique espérant faire une découverte capitale. Tous sont très cultivés et nous font partager leurs connaissances, leurs livres de chevet et notamment les Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes. Si certaines références ne sont pas forcément connues, cela ne gêne en rien la lecture et permet même d’acquérir de nouvelles connaissances. Je n'ai jamais pris le temps de lire les Fragments d'un discours amoureux et je dois avouer, ma lecture finie, que je l'ai emprunté car je souhaite le découvrir, les citations extraites m'ont donné attirée. 

« La littérature était la voie que choisissaient les gens qui ne savaient pas quelle voie choisir. » p.38

L’histoire en elle-même, si on regarde superficiellement, est plutôt banale : un trio amoureux Mitchell aime Madeleine qui aime Leonard, et pourtant c’est beaucoup plus que cela. Presque un prétexte pour aborder toutes les autres thématiques et nous séduire totalement.Le thème de la maladie mentale est très bien développé, très bien décrit. On sent bien que l'auteur a fait des recherches pour donner l'aspect réaliste à son personnage, et qu'il a bien réussi ! 

Après Virgin Suicides et Middlesex, Jeffrey Eugenides revient avec un livre à dévorer. Un véritable coup de coeur, je me suis totalement attachée aux personnages, j'ai adoré Maddy ... A la dernière page, je me suis dit "oh déjà ...", j'en voulais davantage. Décidément, un livre tous les 10 ans soit, mais surtout à chaque fois des livres qui marquent.  

mercredi 5 septembre 2012

Chapardeuse, Rebecca Makkai


Sélectionné pour le Prix America

Titre : Chapardeuse
Auteur : Rebecca Makkai
Editeur : Gallimard
Date de parution : Août 2012
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur
Lucy, célibataire pas encore trentenaire, est bibliothécaire dans une petite ville perdue du Middle West. Ian, dix ans, fils unique de chrétiens fondamentalistes homophobes, est son plus fidèle lecteur. Un beau matin, elle le découvre sur son lieu de travail réfugié parmi les livres. Contre toute attente, elle ne va pas le ramener tout de suite à ses parents. Ensemble, ils vont parcourir plusieurs Etats de cette Amérique post-11-Septembre.

Pour ce gamin rêveur, c'est la découverte du vaste monde ; pour elle, l'occasion de s'interroger sur ses origines russes, le déracinement de ses ancêtres et leurs aspirations à plus de liberté. Rebecca Makkai signe ici un premier roman humaniste et original en forme de road-book. Une balade épique et onirique qui décortique les traumatismes d'une nation faite d'immigrants, de fugueurs et de chapardeurs d'identités.

Avis


Rebecca Makkai signe ici son premier roman qui nous emmène à travers l’Amérique grâce à deux personnages assez différents l’un de l’autre. Lucy, l’adulte, bibliothécaire jeunesse de 26 ans se retrouve « kidnappée » par Ian, enfant de 10 ans, passionné de lecture et soupçonné d’être homosexuel par ses parents.

Les parents de Ian sont des chrétiens fondamentalistes homophobes, ainsi il est hors de question que leur fils ne soit pas hétéro et il est conduit chaque semaine dans un stage de réadaptation avec le pasteur Bob. Si Ian ne comprend pas trop ce qu’il en est, ne semble pas plus perturbé que cela, il l’est en revanche davantage quand sa mère lui interdit de nombreuses lectures. Ainsi, il lui est impossible de lire Harry Potter, Bilbo le Hobbit et tout autre livre contenant ou évoquant des magiciens, des sorciers ou autres. Il ne peut lire que des romans parlant de la religion. Or, cela se révèle assez limité. Loin d’être sans ressources, le petit garçon se débrouille pour obtenir des romans qui lui plaisent de la part de Lucy, en cachette.

La vie continue ainsi jusqu’à ce matin, où Lucy tombe sur le petit garçon dans la bibliothèque. Enfermé pour la nuit au sein de l’établissement, il s’est caché et « kidnappe » la bibliothécaire. S’en suit un magnifique « road-book » à travers les Etats-Unis. On comprend pourquoi Lucy ne ramène pas Ian chez lui, on aborde de nombreuses questions annexes : l’histoire de la Russie, les relations familiales, l’homosexualité, la vision de cette homosexualité dans une partie des Etats-Unis. Bref un roman ancré dans son époque qui la décrit merveilleusement bien. Les personnages sont attachants, drôles. On aimerait que le voyage dure plus longtemps.

Le style de Rebecca Makkai nous emmène à travers la société américaine tout en nous faisant réfléchir à notre tour. Comment aurions-nous réagit face à ce petit garçon ?

Il s’agit certainement d’un de mes coups de cœur de la rentrée littéraire. A conseiller. 



Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Jonas Jonasson






Livre lu dans le cadre d'une lecture commune

Titre : Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
Auteur : Jonas Jonasson
Editeur : Presses de la Cité
Date de parution : mars 2011
Prix : 21.30 €

Présentation de l'éditeur
Le jour de ses cent ans, alors que tous les notables de la ville l'attendent pour célébrer l'événement, Allan Karlsson s'échappe par la fenêtre de sa maison de retraite quelques minutes avant le début de la fête organisée en son honneur. Ses plus belles charentaises aux pieds, le vieillard se rend à la gare routière, où il dérobe une valise dans l'espoir qu'elle contienne une paire de chaussures. Mais le bagage recèle un bien plus précieux chargement, et voilà comment Allan se retrouve poursuivi par la police et par une bande de malfrats… Commence alors son incroyable cavale à travers la Suède, mais aussi, pour le lecteur, un étonnant voyage au coeur du XXe siècle, au fil des événements majeurs auxquels le centenaire Allan Karlsson, génie des explosifs, a été mêlé par une succession de hasards souvent indépendants de sa volonté. 

Avis
Je m’attendais à un livre vraiment bourré d’humour, vraiment très sympa, aux vues des nombreuses critiques très élogieuses entendues pendant près d’un an. Ce n’est jamais très bon d’entendre tant de bons avis avant de lire un livre, et en effet j’ai été déçue.


Bien sur, j’ai ri à certains passages, j’ai trouvé ça assez sympa, assez bien écrit, mais je n’ai pas compris l’engouement qui a lieu autour de ce roman. J’ai bien aimé le personnage principal, Allan Karlsson est un homme à la vie passionnante, il faut bien l’avouer. J’ai apprécié qu’il ne soit pas un super héros de cent ans, il a besoin de faire des pauses, de se reposer comme on l’imagine, n’importe quel centenaire. 

J’ai bien aimé les personnages principaux, j’ai trouvé que les différentes histoires successives étaient bien écrites, sympathiques. 

Bref un livre agréable, mais cela n’en fait pas un coup de cœur pour moi. Peut-être que j’en attendais trop du coup et que je n’ai pas pu apprécier à sa juste valeur ce livre.

dimanche 2 septembre 2012

Tu verras, Nicolas Fargues


Titre : Tu verras
Auteur : Nicolas Fargues
Editeur : P.O.L.
Date de parution : Janvier 2011
Prix : 15.70 €

Prix du livre France Culture Télérama

 Présentation de l'éditeur 
Nicolas Fargues raconte que, sur le périphérique, un dimanche, ses deux fils étaient assis à l'arrière de la voiture et une station de radio a passé Don't Matter, d’Akon, une chanson qu'il n'avait jamais entendue jusque-là. Comme elle ne lui plaisait pas, il a voulu changer de fréquence. Mais son fils aîné, qui connaissait les paroles par cœur, l'a supplié de lui laisser l'écouter jusqu'au bout. Dans les semaines et les mois qui ont suivi, Nicolas Fargues a entendu le morceau à plusieurs reprises sans pour autant l'apprécier davantage. Mais puisque désormais il était immanquablement associé à l'image de son garçon, il l'a lui aussi, chaque fois, écouté jusqu'au bout.

Un matin, son fils a quitté l'appartement pour l'école comme chaque jour, en lui faisant un signe de la main puis en se retournant, avec son énorme cartable sur le dos et son jean baissé jusqu'à mi-fesses. Attendri, Nicolas Fargues a eu cette pensée étrange et en même temps irrépressible que si son fils venait à mourir brutalement au cours de la journée, il ne pourrait plus jamais écouter cette chanson d'Akon qui ne l'émouvait pourtant pas plus que cela. C'est d'imaginer tout ce qu'il pourrait ressentir qui a été le point de départ de ce roman non autobiographique qui, sur un ton proche de son roman J'étais derrière toi (2006), adopte cette fois le motif de l'enfance pour parler d'amour et de solitude.

Dur, car il se situe dans les jours et les semaines qui suivent la mort accidentelle d'un enfant, un pré-ado, on y voit et on y écoute son père revivre non seulement les circonstances du drame mais aussi leur vie quotidienne et tout ce qui commençait à les opposer l'un à l'autre, tous les conflits commençant qui dressent les fils contre les pères et d'autant plus lourdement quand il s'agit d'un père « séparé ». On retrouve dans ce roman toute la finesse d'analyse de Nicolas Fargues, son talent d'observateur des comportements, des codes et des modes. Un roman qui nous emmène jusqu'en Afrique, où il va trouver sa conclusion suspendue, un roman qui est aussi un hommage intense à l'enfance. 

Avis
Dans ce roman, Nicolas Fargues aborde une peur commune à tous les parents : la mort de l’enfant.

Le roman est divisé en trois parties, dans la première on apprend à connaître les deux protagonistes principaux : le père et le fils, on découvre la vie d’avant le drame, leur relation, leurs personnalités. Puis le drame arrive, Clément est mort, il n’avait que douze ans. Arrive alors la partie plus délicate sur la façon de gérer ce deuil, comment accepter la mort d’un enfant si jeune, comment accepter de ne plus voir son fils. Et enfin on aborde la partie sur après le drame, quelques temps après la mort de son fils, comment le père réagit-il.

L’ambiance est très forte, très pesante tout au long du livre. Les personnages sont proches, Clément ne vit qu’avec son père, par choix. Il avait lui-même demandé ce mode de garde lorsqu’il n’était qu’un enfant de 5 ans. Ils ont une relation assez forte même si forcément, ils ne sont pas toujours d’accord.

Le titre est cruel au final, puisqu’il rappelle ce que Colin disait toujours à son fils pour expliquer sa dispute « tu verras quand tu seras grand », « tu verras ». Au final, Clément ne « verra » pas. Il ne verra pas au-delà de ses 12 ans. Il n’y a cependant pas que le titre qui soit cruel, Colin apparaît assez ironique, sarcastique dans certaines remarques faites à son fils. Fâché de voir que Clément cède à la copie pour imiter ses copains, il n’hésite pas à se moquer de lui, à faire des remarques plutôt acerbes, ce qu’il analyse et regrette plus tard, lorsqu’il revient sur l’éducation.

Ainsi, il se demande si c’est vraiment bien utile de gronder son enfant sur ses tenues ? Sur son pantalon qui descend sous le boxer ? Par sa réflexion, par ses remords, on aborde une large thématique éducative. Comment aimer son enfant, comment vivre avec, que transmettre à son enfant, quelles valeurs ? Autant de questions qui sont posées et que l’auteur résume en une phrase : « Aimer son enfant, est-ce aimer un autre que soi ou bien continuer de s’aimer soi-même, mais sans accabler de la mauvaise conscience d’être égoïste ? ».

Dans Tu verras, on découvre donc des interrogations sur la filiation, sur l’éducation, mais on lit surtout une espèce d’exorcisation de la crainte de tout parent. Et ça nous rend presque mal à l’aise, parce qu’on imagine aisément la douleur ressentie. Les mots sont justes, les émotions palpables. On lit le roman d’une traite, bouleversés par les évènements, voulant assez sadiquement aussi découvrir de quoi est mort Clément, dans quelles conditions. Et nous voulons observer, de façon assez malsaine, comment un père peut se remettre de cette mort, voir l’évolution du deuil.


mardi 28 août 2012

Une pièce montée, Blandine Le Callet




Titre : Une pièce montée
Auteur : Blandine Le Callet
Editeur : Stock
Date de parution : Janvier 2006
Prix : 17.75 €

Présentation de l'éditeur
Une pièce montée a pour toile de fond un mariage à la campagne dans la bourgeoisie de province. Chaque chapitre, centré sur un des personnages de la fête, raconte une histoire qui prend place dans l'album de famille. De la demoiselle d'honneur confrontée à l'injustice au collègue dragueur invétéré, ou à la tante excentrique en quête d'amour, de la grand-mère indigne à la mariée au bord de la crise de nerfs, les personnages hauts en couleurs défilent à travers des scènes drôles, cocasses ou attendrissantes. On passe sans cesse du rire aux larmes. Les masques tombent et les secrets de famille éclatent. Blandine Le Callet nous entraîne à travers une galerie de portraits justes et émouvants. Elle nous plonge au coeur de situations fortes en émotions aux dialogues drôles et percutants. De véritables tranches de vie.

Avis
Un chapitre par point de vue de personnage, tel est la conception de ce roman. Tous racontent le même évènement : le mariage de Bérangère et Vincent. Tous voient la cérémonie d’une façon différente, ressentent des sentiments proches ou non. Les protagonistes ont tous des personnalités particulières, des goûts divers.

Le roman commence avec la vision naïve et quelque peu émerveillée du mariage vu par une petite fille, pourtant elle se rend compte que tout n’est pas rose avec la présence d’une petite trisomique. Nous avons ensuite l’hilarant point de vue d’un curé aux inclinations particulières, plus proche du démon que de Dieu. S’enchainent la belle-sœur, le dragueur de service dans les mariages, les indésirés mais obligés d’être invités, la mariée, la grand-mère, le marié, tout ça pas dans l’ordre d’apparition. Les discours s’enchainent avec fluidité et un humour constant. On finit par avoir une vision assez complète de ce mariage bourgeois qui n’a rien d’original. On découvre également les secrets et les relations complexes de cette famille.

J’ai adoré l’humour de Blandine Le Callet qui fait mouche à chaque fois. Sans jamais être méchant, il sait être très moqueur, le cynisme transparait également, mais sans jamais viré dans le négatif.

Un vrai coup de cœur depuis ma première lecture. Il me reste à voir le film, un jour, à l’occasion. 


lundi 27 août 2012

L'art du jeu, Chad Harbach


Sélectionné pour le prix América

Titre : L'art du jeu
Auteur : Chad Harbach
Editeur : JC Lattès
Date de parution : Mai 2012
Prix : 22.50 €

Présentation de l'éditeur
Henry Skrimshander est une véritable star du baseball : dans l’équipe du Westish College, petite université du Wisconsin, il conclut tous ses matches par un sans-faute. Jusqu’au jour où il rate un lancer facile. Son destin, ainsi que la vie de quatre personnes, prennent alors un tournant décisif. Déstabilisé, Henry remet en cause la brillante carrière à laquelle il est promis. Guert Affenlight, le président de l’université, tombe contre toute attente éperdument amoureux. Owen Dunne, coéquipier homosexuel de Henry, s’embarque dans une liaison dangereuse, tandis que Mike Schwartz, capitaine de l’équipe de baseball, est pris de doute sur son avenir et sur le rôle de mentor qu’il a joué pour Henry. Enfin, Pella Affenlight, la fille de Guert, revient à Westish pour échapper à un mariage malheureux et recommencer une nouvelle vie. Alors que les derniers matches de la saison approchent, ces cinq personnages vont devoir affronter leurs espoirs, leurs angoisses et leurs secrets les plus intimes. Ensemble, ils vont s’aider à trouver leur voie et tisser de nouveaux liens. Tendre et subtil, L’Intelligence du jeu évoque, à travers des personnages attachants, aussi bien l’amitié, l’amour et la famille, que les aspirations de chacun, l’ambition et ses limites.

Avis
Il faut avouer que de prime abord, les romans sur le base-ball ne m’attirent pas plus que cela. Même s’il s’agit d’un sport que j’apprécie, je ne connais pas suffisamment le milieu pour m’y pencher lors de mes lectures. Pourtant, ce roman m’intriguait alors j’ai fini par céder et par le lire.

Nous suivons cinq personnages principaux : Henry Skrimshander – Skrimmer –, Mike Schwartz, Owen Dunne, le Président Affenlight et sa fille Pella. Tous ces personnages sont plus ou moins perdus, ils ont tous une raison de douter d’eux-mêmes, de perdre pied dans l’existence. Tous sont complexes et rendent ainsi leurs relations d’autant plus intéressantes. On sent parfaitement l’atmosphère qui règne dans cette vieille université, on saisit les enjeux qu’ils soient personnels ou qu’ils concernent le base-ball.

Le style de Chad Harbach est réellement fluide, on lit d’une traite les péripéties qui arrivent aux personnages, on suit sans difficulté les différentes intrigues et les démons de chaque individu.

Le roman traite de la vie étudiante dans une moindre mesure, il parle surtout de la vie en général, des difficultés qui peuvent arriver à tout âge, à toute personne.

Sans être un coup de cœur, il s’agit d’un livre que j’ai beaucoup apprécié. J’ai passé un agréable moment au cours de ces 600 pages.


samedi 4 août 2012

Le Choeur des femmes, Martin Winckler


Titre : Le Choeur des femmes
Auteur : Martin Winckler
Editeur : P.O.L.
Date de parution : Août 2009
Prix : 23.10 €

Présentation de l'éditeur

« Je m'appelle Jean Atwood, je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. J'ai choisi la chirurgie gynécologique. Je vise le poste de chef de clinique au CHU de Brennes, dans le meilleur service de France, mais pour de foutues raisons administratives, voilà qu'on m'envoie perdre mon temps à l'hôpital général de Tourmens-Nord, dans un département de " Médecine de La Femme " vétuste, démuni de tout ou presque, et dirigé par un médecin aussi pouilleux que les murs. Et ce type - qui n'est même pas gynéco, mais généraliste, vous vous rendez compte ? - s'imagine que je vais passer six mois à son service ! Pour qui est-ce qu'il me prend ? Je suis un chirurgien hors pair, je mérite mieux que de perdre mon temps avec de foutues bonnes femmes qui viennent lui montrer leur cul et lui raconter leur vie. Qu'est-ce qu'il croit, ce tocard ? Qu'il va m'apprendre mon métier »? 

Jean Atwood, interne des hôpitaux et quatre fois major de promotion, vise un poste de chef de clinique en chirurgie gynécologique. Mais au lieu de lui attribuer le poste convoité, on l'envoie passer son dernier semestre d'internat dans un service de médecine consacré à la médecine des femmes - avortement, contraception, violences conjugales, maternité des adolescentes, accompagnement des cancers gynécologiques en phase terminale. 

Le Docteur Atwood veut faire de la chirurgie, et non passer son temps à écouter des femmes parler d'elles-mêmes à longueur de journée. Ni servir un chef de service à la personnalité controversée. Car le mystérieux Docteur Karma - surnommé " Barbe-Bleue " - séduit sans vergogne, paraît-il, patientes et infirmières et maltraite sans pitié, dit-on, les internes placés sous ses ordres. Pour Jean Atwood, interne à la forte personnalité et qui brûle d'exercer son métier dans un environnement prestigieux, le conflit ouvert avec ce chef de service autoritaire semble inévitable. 

Mais la réalité n'est jamais ce que l'on anticipe, et la rencontre entre les deux médecins ne va pas se dérouler comme l'interne l'imagine. 

Avis
Cela fait près de deux ans que j’entends parler du Chœur des Femmes, avec toujours des critiques très élogieuses. Je n’avais jamais lu Martin Winckler, si ce n’est son site, que je trouve vraiment très utile lorsque l’on se pose une question. Bref, je ne connaissais donc pas sa plume d’écrivain, juste ses compétences en gynécologie.

Au début, je dois avouer avoir été surprise, j’ai eu un peu de mal à rentrer dans la narration, je dois avouer avoir sauté les pages où ce sont des paroles de chansons aussi … Mais dans l’ensemble, j’ai bien aimé l’histoire. Jean ou « Djinn » finit par être attachante, on aime bien Karma, on se dit qu’on aimerait effectivement un médecin pareil. On se retrouve dans beaucoup des situations évoquées (médecins qui refusent d’admettre leurs erreurs, qui refusent d’admettre la douleur du patient etc.). Cependant, je dois mettre un bémol assez fort sur le livre : sa fin. Je l’ai trouvée totalement absurde, j’ai trouvé que ça « cassait » le rythme du roman et qu’au final, le livre aurait dû finir une trentaine de pages plus tôt. Bref, ça m’a déçue et je trouve dommage de refermer un pavé sur une note négative. Malgré tout, je ne le déconseillerai pas, mais je n’en ferai pas un coup de cœur, ni un livre à posséder absolument dans ma bibliothèque.

dimanche 29 juillet 2012

La couleur des sentiments, Kathryn Stockett


Titre : La Couleur des sentiments
Auteur : Kathryn Stockett
Editeur : Jacqueline Chambon
Date de parution : septembre 2010
Prix : 23.80 €

Prix Elle

Présentation de l'éditeur
Jackson, Mississippi, 1962.
Lorsqu’elle rentre chez elle, Aibileen, seule dans sa bicoque du quartier noir de Jackson, dîne modestement, écrit ses prières dans un carnet, pense à son fils disparu et écoute du gospel, du blues ou le sermon du Pasteur à la radio. Nurse et bonne au service de familles blanches depuis quarante ans, Aibileen n’est pas du genre à s’apitoyer sur son sort. Elle vit pour “ses enfants” – les petits Blancs dont elle s’occupe jusqu’à l’âge où ils changent –, les aime tendrement et met un point d’honneur à leur transmettre l’estime de soi, luttant comme elle le peut contre les idées racistes que leurs parents leur enfonceront bientôt dans le crâne. Aibileen est une âme généreuse, dotée d’une grande sagesse et d’une bonhomie attendrissante. Elle a la vitalité, la douceur et la rondeur d’Ella Fitzgerald.

Dans les pires moments, elle peut compter sur sa meilleure amie, Minny, bonne et cuisinière chez les Blancs depuis son plus jeune âge elle aussi, une forte tête qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Entre un mari alcoolique à la main lourde et cinq enfants à éduquer, son quotidien s’apparente à une lutte de survie. Ainsi dissimule-t-elle sa sensibilité sous les traits d’une maîtresse-femme à la langue bien pendue, ce qui lui a valu d’être maintes fois renvoyée. D’ailleurs, sa nouvelle patronne, pin-up désœuvrée au comportement étrange, lui donne déjà du fil à retordre
.
C’est alors qu’arrive Skeeter Phelan. Vingt-deux ans et fraîchement diplômée, elle est de retour à Jackson où elle retrouve ses anciennes amies. Contrairement à elles, Skeeter n’a pas encore la bague au doigt, attache peu d’importance à ses tenues et sa coiffure, possède un esprit plus ouvert que la moyenne et souhaite plus que tout devenir écrivain. Lorsqu’on lui confie la rubrique ménagère du journal local, elle demande à Aibileen de lui donner des tuyaux. Elle apprend à la connaître et comprend bientôt qu’elle tient son sujet : il y a peu, une certaine Rosa Parks a refusé de céder sa place à un Blanc dans un bus ; un certain Martin Luther King se rend de ville en ville pour défendre la cause des droits civiques ; elle, Skeeter Phelan, va donner la parole aux bonnes de Jackson, leur demander de raconter ce que c’est qu’être une bonne noire au service d’une famille blanche du Mississippi, recueillir leurs témoignages et en faire un livre. Elle y tient d’autant plus que Constantine, la bonne qui l’a élevée et qu’elle aime profondément, a été congédiée par ses parents pour des raisons obscures.
Ce projet fou auquel se rallient Aibileen et Minny va les mettre en danger et changer à jamais le cours de leur vie.


Avis
Ce roman est l’un – si ce n’est mon – coup de cœur de l’année 2011. Je l’ai littéralement dévoré, après en avoir entendu tant de bien, j’étais un peu dubitative et dès les premières pages j’ai été complètement entrainée. 

J’ai été complètement séduite par Aibileen que j’ai trouvé très digne, très classe. Une grande dame … Minny apporte la fraicheur, l’humour, une autre vision de la condition des noirs dans les années 1960. Tous les personnages ont un « truc » qui fait qu’on les adore, qu’on les déteste, qu’on leur souhaite des bonnes ou des mauvaises choses. 

J’ai retenu des larmes à de nombreuses reprises au cours du roman. Lorsque je l’ai fermé, je me suis sentie vide, je n’avais pas envie de lire quoique ce soit après ça. Il m’a fallu un peu de temps pour enchainer sur une autre histoire. J’ai d’ailleurs assez vite vu le film. J’avais peur d’être déçue, d’autant que l’histoire m’était encore bien en tête. Pourtant, pour une fois, j’ai trouvé que l’adaptation était très bonne. Bien sur, des parties diffèrent, mais j’ai trouvé que c’était bien choisi. 

Le style de l’auteur est vraiment bon, tout est fluide, tout s’enchaine avec une facilité déconcertante, on tourne les pages sans s’en rendre compte, approchant inexorablement de la fin avec rapidité. Voilà un livre qu’il faut absolument que je m’achète pour l’avoir dans ma bibliothèque.

Maintenant, Kathryn Stockett va avoir du travail pour réaliser un deuxième livre aussi convaincant que celui-ci (mais j’ai hâte !).

Oscar et la dame en rose, Eric Emmanuel Schmitt


Titre : Oscar et la dame en rose
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Editeur : Albin Michel
Date de parution : Octobre 2002
Prix : 9.60 €

Présentation de l'éditeur
Voici les lettres adressées à Dieu par un enfant de dix ans.
Elles ont été retrouvées par Mamie Rose, la " dame rose " qui vient lui rendre visite à l'hôpital pour enfants. Elles décrivent douze jours de la vie d'Oscar, douze jours cocasses et poétiques, douze jours pleins de personnages drôles et émouvants.
Ces douze jours seront peut-être les douze derniers. Mais, grâce à Mamie Rose qui noue avec Oscar un très fort lien d'amour, ces douze jours deviendront légende. 



Avis
Les lettres d’Oscar sont très touchantes et on se prend totalement au jeu des 10 ans gagnés chaque jour. On sait très bien comment cela va finir, on le découvre dès le début avec Oscar, c’est lui qui nous l’annonce. Et c’est justement assez émouvant de voir comment il réagit, comment un si petit garçon peut accepter une nouvelle pareille, réagissant mieux que certains adultes.

C’est aussi très émouvant de voir les autres enfants malades, de découvrir ce qui les amène ici, comment ils le vivent, de voir leur vie de tous les jours à l’hôpital.
Les hésitations, la non croyance en Dieu d’Oscar, qui pourtant accepte de lui écrire chaque jour, chacune de ces douze lettres montre son évolution vis-à-vis de ce qu’il croit ou non. 

J’ai aussi trouvé la relation entre Oscar et mamie Rose très mignonne. Les deux personnages sont très attachants et on sent bien l’amour qu’il y a entre eux.
Maintenant, j’ai bien envie de voir l’adaptation cinéma qui a été faite … Peut-être que je serai déçue, enfin bon, à l’occasion je le regarderai je pense !

jeudi 26 juillet 2012

L'Enfant de Noé, Eric-Emmanuel Schmitt






Titre : L’Enfant de Noé
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Editeur : Albin Michel
Date de parution : Avril 2004
Prix : 15.20 €

Présentation de l’éditeur
«- Nous allons conclure un marché, veux-tu ? Toi, Joseph, tu feras semblant d'être chrétien, et moi je ferai semblant d'être juif. Ce sera notre secret, le plus grand des secrets. Toi et moi pourrions mourir de trahir ce secret. Juré ?
- Juré.»

1942. Joseph a sept ans. Séparé de sa famille, il est recueilli par le père Pons, homme simple et juste, qui ne se contente pas de sauver des vies. Mais que tente-t-il de préserver, tel Noé, dans ce monde menacé par un déluge de violence ?

Un court et bouleversant roman dans la lignée de Monsieur Ibrahim et d'Oscar et la dame rose.

Avis
Il faut avouer que c’est le premier Eric-Emmanuel Schmitt que je lis, si je le connais bien évidemment, je n’avais jamais eu l’occasion / pris le temps de le découvrir par moi-même. Ce roman est assez court (moins de 200 pages) et se lit vraiment vite. En deux heures environ, on l’a fini.

J’ai beaucoup aimé découvrir l’histoire du point de vue de Joseph, qui nous fait ainsi part de ses réflexions d’enfant, qui reste bloqué sur une histoire de noblesse alors que se déroule un drame. Cela donne une certaine fraicheur au roman qui aborde pourtant une histoire assez sombre.

Très peu de personnages sont vraiment développés : Joseph, Rudy, le Père Pons sont les principaux points de repères, mais nous voyons ainsi différentes mentalités et différents âges. Du coup, on aborde des peurs, des préoccupations multiples. Il faut aussi parler de Mademoiselle Marcelle qui est incroyable, on aimerait en savoir un peu plus sur cette femme entière et prête à tout pour ses convictions.
Le livre aborde aussi le sujet des religions avec intelligence et finesse. En expliquant à Joseph les différences entre le christianisme et le judaïsme, beaucoup de douceur ressort et c’est vraiment un beau moment.

J’ai beaucoup aimé ce roman et je pense lire d’autres Eric Emmanuel Schmitt sous peu !

mardi 24 juillet 2012

La Septième vague, Daniel Glattauer


Titre : La Septième vague
Auteur : Daniel Glattauer
Editeur : Grasset
Date de parution : Avril 2011
Prix : 18.30 €

Présentation de l'éditeur
Leo, de retour des Etats-Unis, la correspondance entre Emmi et lui reprend, d’abord timide après de longs mois de silence, puis tout s’enchaîne.
Mais voici qu’Emmi souhaite en finir pour de bon et mettre un terme à cette relation épistolaire. Pour cela, elle veut rencontrer Leo, une fois au moins…
La rencontre a lieu – conformément à la forme consacrée du roman épistolaire – sans public. Le lecteur n’aura droit qu’au compte-rendu…
La relation virtuelle survivra-t-elle au test de la réalité ? Com-ment maintenir la tension, si les deux personnages ne peuvent plus se cacher derrière les mots, mais se retrouvent face à face ? C’est là tout le charme, pétillant et captivant, de cette romance virtuelle et virtuose.

Avis
Avec grande impatience et grande joie, je retrouvai donc assez vite Emmi et Leo pour la suite de leur aventure. 

Je n’ai pas été déçue mais je n’ai pas été aussi emballée que pour le premier tome. J’ai été contente de retrouver les deux personnages, mais on sent bien que l’auteur a écrit cette suite pour répondre à une forte attente de ses lecteurs. De plus, l’effet de surprise est passé, on retrouve le même genre, les mêmes rebondissements. Du coup, même si j’ai bien aimé, je pense qu’il est nécessaire de lire les deux tomes dans un laps de temps assez court, sous peine de ne pas être plus conquis que cela. Le style de l’auteur reste donc le même, ceux qui n’avaient pas aimé l’épistolaire cybernétique ne l’apprécieront toujours pas.

Attention, ne pas lire la suite, qui risque de vous donner trop d’indices sur les fins des romans.

La fin m’a presque déçue en fait. Je trouve que c’est trop « facile », il revient sur son premier roman quasiment au final, offrant la fin qui était sans doute souhaitée par la majorité des gens. C’est dommage de ne pas « assumer » sa première version et de se laisser entrainer, de vouloir faire plaisir à ses lecteurs comme ça. (Même si j’avais trouvé la première fin abrupte, elle tombait bien).


jeudi 19 juillet 2012

Quand souffle le vent du Nord, Daniel Glattauer




Titre : Quand souffle le vent du Nord
Auteur : Daniel Glattauer
Editeur : Grasset
Date de parution : Mars 2010
Prix : 18.30 €

Présentation de l’éditeur
En voulant résilier un abonnement, Emma Rothner se trompe d’adresse et envoie un mail à un inconnu, un certain Leo Leike. Ce dernier, poliment, lui signale son erreur ; Emma s’excuse, et, peu à peu, un dialogue s’engage entre eux, par mail uniquement. Au fil du temps, leur relation se tisse, s’étoffe, et ces deux inconnus vont se mettre à éprouver l’un pour l’autre une certaine fascination. Alors même qu’ils décident de ne rien révéler de leurs vies respectives, ils cherchent à deviner les secrets de l’autre... De plus en plus attirés et dépendants, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre. Emmi est mariée, et Leo se remet à grand peine d un chagrin d amour. Un jour, pourtant enfin ! , ils décident de se donner rendez-vous dans un café bondé de la ville. Mais ils s’imposent une règle : reconnaître l’autre qu’ils n’ont pourtant jamais vu, avec interdiction formelle de lui parler...


Avis
Cela faisait déjà pas mal de temps que je voyais cette couverture défiler assez régulièrement, mais je n’avais jamais pris le temps de m’intéresser à ce livre plus que cela. Pourtant, hier j’ai lu la quatrième de couv, et je me suis dit pourquoi pas.
Je l’ai commencé hier soir donc et je n’ai pas pu le lâcher. Impossible de décrocher de cet échange épistolaire intense entre Emmi et Leo. On ressent leurs émotions, leur attente, on souhaite qu’ils se rencontrent, on se demande s’ils vont franchir le pas. Bref, on vit leur histoire avec passion. Je suis totalement entrée dans cet échange de mail au point de me commander la suite dès la dernière page finie. Les échanges donnent un rythme très dynamique à l’ouvrage ce qui permet de le lire avec facilité et surtout de le lire d’une traite. On n’ose pas s’arrêter, on n’ose pas quitter Emmi et Leo.
Nous voici témoins d’un « coup de foudre » particulier, les protagonistes ne se sont jamais vus, ils ne se connaissent que par ce qu’ils échangent durant leurs mails, et pourtant ils deviennent accros à ces envois réguliers. On assiste alors à une histoire d’amour particulière, prenante, attendrissante.
La fin m’a bouleversée aussi. J’ai pu lire que certains étaient déçus, mais je trouve que ça colle bien. Maintenant, j’ai hâte de dire le deuxième tome : La Septième vague, en espérant ne pas être déçue de cette suite.
Bref, un roman plutôt court, très sympathique à lire. Je recommande à ceux qui ne l’ont pas lu de le découvrir. 

jeudi 14 juin 2012

La Ballade de Lila K, Blandine Le Callet


Titre : La Ballade de Lila K
Auteur : Blandine Le Callet
Edition : Stock / Le Livre de poche
Date de parution : septembre 2010
Prix : 21,85 €

Présentation de l'éditeur
La ballade de Lila K, c’est d’abord une voix : celle d’une jeune femme sensible et caustique, fragile et volontaire, qui raconte son histoire depuis le jour où des hommes en noir l’ont brutalement arrachée à sa mère, et conduite dans un Centre, mi-pensionnat mi-prison, où on l’a prise en charge.
Surdouée, asociale, polytraumatisée, Lila a tout oublié de sa vie antérieure. Elle n’a qu’une obsession : retrouver sa mère, et sa mémoire perdue. Commence alors pour elle un chaotique apprentissage, au sein d’un univers étrangement décalé, où la sécurité semble désormais totalement assurée, mais où les livres n’ont plus droit de cité. Au cours d’une enquête qui la mènera en marge de la légalité, Lila découvrira peu à peu son passé, et apprendra enfin ce qu’est devenue sa mère.
Sa trajectoire croisera celle de nombreux personnages, parmi lesquels un maître érudit et provocateur, un éducateur aussi conventionnel que dévoué, une violoncelliste neurasthénique en mal d’enfant, une concierge vipérine, un jeune homme défiguré, un mystérieux bibliophile, un chat multicolore...
Roman d’initiation où le suspense se mêle à une troublante histoire d’amour, "La ballade de Lila K" est aussi un livre qui s’interroge sur les évolutions et possibles dérives de notre société.

Avis
Pour mes cours, je devais présenter un livre de la rentrée littéraire 2010, j'ai choisi le livre de Blandine Le Callet, car j'avais adoré son premier roman Une pièce montée.
Alors dans La Ballade de Lila K, on est pas du tout dans le même genre de livre ! On retrouve cependant l'humour de l'auteur, les petites phrases pleines d'ironie ! Le langage (légèrement) châtié ! Un régal !
On s'attache à cette petite fille, que l'on découvre toute petite jusqu'à sa vie d'adulte. On voit le monde à travers ses yeux, à travers son analyse et on finit par penser comme elle ! On aime ce qu'elle aime, ce qui la révolte nous révolte, etc !
Un coup de coeur !
Plusieurs thèmes sont abordés : le livre - un objet interdit par le Ministère de la Santé !! -, les relations humaines, l'intelligence ... On ne se lasse pas une fois, on veut que Lila aille mieux, on veut qu'elle ait une belle vie !
En bref, une fois de plus Blandine le Callet sait décrire et transmettre les sentiments des personnages, les envies. On aimerait l'aider, on aimerait être son amie.
Le livre est un long monologue mais il est adressé à quelqu'un. Lila raconte une histoire à quelqu'un. On finit par découvrir qui, mais c'est surprenant, au final le lecteur serait un personnage ...?