Affichage des articles dont le libellé est rentrée littéraire 2012. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est rentrée littéraire 2012. Afficher tous les articles

dimanche 18 novembre 2012

Tigre, tigre ! Margaux Fragoso


Présentation de l'éditeur
Par une belle journée d'été, Margaux Fragoso rencontre Peter Curran à la piscine de son quartier, et ils commencent à jouer. Elle a sept ans; il en a cinquante et un. Quand Peter l'invite chez lui avec sa mère, la petite fille découvre un paradis pour enfant composé d'animaux exotiques et de jeux. Peter endosse alors progressivement, insidieusement, le rôle d'ami, puis de père, et d'amant. Charmeur et manipulateur, Peter s'insinue dans tous les aspects de la vie de Margaux, et transforme l'enfant affectueuse et vive en une adolescente torturée.

Avis
La première fois que j’ai vu Tigre, Tigre ! j’ai trouvé sa couverture vraiment belle, intrigante. Je n’avais pas lu la 4e de couv … Quand j’ai lu la 4e de couv, je me suis dit «oh mon dieu … ça doit être terrible ». C’est peut-être un peu moins difficile que ce à quoi je m’étais attendue car assez passionnant et intéressant de voir cette vision de la pédophilie, c’est une approche que l’on voit assez peu couramment. Margaux parle de cet homme, Peter, de comment elle le rencontre, comment il l’a « séduit » et abuse d’elle. Mais elle ne parle pas que de ça, elle raconte son environnement familial absolument horrible entre une mère malade psychologiquement et un père snob à l’extrême, violent. On comprend que cette petite fille ait été attirée par cet homme qui jouait avec les enfants, qui semblait prendre soin d’eux. 

On commence le livre en sachant déjà la fin, ça nous est annoncé dès la dernière page : Peter aura une influence sur Margaux jusqu’à ses 22 ans, jusqu’à ce qu’il se suicide à l’âge de 66 ans. Ils font connaissance alors que Margaux n’a que 7 ans … Elle ira chez lui deux soirs par semaine pendant des années, tout le monde savait mais personne n’intervenait peut-on dire. 

Il y a des moments particulièrement terribles, quand Margaux raconte les fantasmes de Peter, son envie qu’elle l’appelle papa, qu’elle lui dise « oh viole-moi » et pire encore. Peter apparaît quelque fois vraiment sous le jour de l’homme malade, il semble se rendre compte de son problème des fois et tente de fuir Margaux, lui disant qu’il lui a volé plusieurs années et qu’il ne veut pas l’abimer davantage. Margaux le recherche à nouveau … On voit ce qu’une assistante sociale qualifie de syndrome de Stockholm, en est-ce réellement un .. ? Peter est totalement fou de Margaux, au sens propre, ce n’est plus de l’amour à ce niveau là, c’est vraiment une passion totale. Il se moque de son âge, il est incapable de tenir ses promesses et de ne plus l’approcher, il est malade. On voit bien les déclarations qu’il est capable de faire à une petite fille de 8 ans. 

« Je t'aime tellement, Margaux, tu ne comprends pas. Margaux, Margaux. Tu es unique au monde. Personne ne te ressemble, personne au monde. Tu as été créée pour moi. Tu es mon ange gardien. Tu es mon amour. Ce n'est pas mal de t'aimer, pas quand l'amour est si beau. Ce n'est pas mal d'aimer quelqu'un de si beau. Nous sommes faits l'un pour l'autre ; oublie ce que racontent les autres. Oublie tout : nous sommes les deux seules personnes qui comptent dans ce monde : toi et moi. » 

Il la persuade de passer au niveau sexuel en lui disant que c’est normal, que c’est ça être la femme d’un homme, qu’elle doit lui faire plaisir (sinon il boude), Margaux finit par exprimer qu’elle a l’impression de n’être « qu’une poupée gonflable » pour lui, il lui fait regarder des films pornographiques, qu’elle connaît par cœur, au point de considérer les actrices comme des amies. Les passages les plus difficiles sont ceux où il abuse d’elle, où l’on apprend qu’elle n’a pas été la seule victime … 

Ce qui m’a le plus gênée dans ce récit au final est le fait que ce soit Margaux qui nous raconte son histoire, elle ne le juge pas, elle ne nous permet pas de le juger de façon totalement négative. On n’y parvient pas, la narratrice trouve toujours des excuses, le « pardonne ». J’aurai aimé qu’elle développe un peu plus l’après mort de Peter aussi, mais peut-être n’était –elle pas capable de le faire actuellement ?

jeudi 25 octobre 2012

Léon et Louise, Alex Capus


Présentation de l'éditeur
Léon et Louise n'ont pas vingt ans au moment de leur rencontre dans un petit village français vers la fin de la Première Guerre mondiale. Léon, trop jeune pour partir au front, effectue son service civil en tant qu'assistant-télégraphiste à la gare. Louise assiste le maire - c'est elle qui informe les familles dont le fils est tombé au champ d'honneur. La magie du premier amour sera rapidement brisée. Lors d'une promenade à vélo, ils sont victimes d'une attaque aérienne. Blessés et soignés dans deux hôpitaux différents, ils reviennent au village chacun à leur tour. Mais le maire, jaloux de leur amour, dissimule la vérité, si bien qu'ils se tiennent l'un et l'autre pour morts...

Avis
Léon et Louise, c’est l’histoire de deux vies qui sont irrémédiablement liées. Tout le livre commence à la mort de Léon, en 1986. Une vieille femme arrive alors qu’on patiente pour le curé, embrasse le mort et fait sonner une sonnette de vélo. Mais qui est cette femme ? Un petit-fils de Léon nous raconte leur histoire. Nous ne savons pas vraiment qui nous raconte l’histoire ni comment il sait tout ça. Mais il le sait, il a lu les lettres et on a du lui raconter.

Léon et Louise se sont connus pendant la première guerre mondiale, ils sont jeunes, ils s’aiment, ils sont heureux comme on peut l’être quand on est à l’abri pendant la guerre. Pourtant vers 1918 alors qu’ils reviennent de la plage, des bombes sont lâchées sur la route où ils se trouvent, ils roulent vite à vélo et se perdent l’un l’autre. Gravement blessés, ils s’en sortent. Pourtant à cause du maire qui leur fait croire qu’ils sont morts l’un et l’autre, ils font leur deuil comme ils peuvent et continuent leur vie. 

Un soir, en rentrant du travail alors qu’il va acheter un dessert pour sa femme, Léon voit une jeune femme qui ressemble trait pour trait à Louise sur le quai du métro. Elle fume les mêmes cigarettes que Louise, elle se tient de la même façon, pourtant Louise est morte, non ? Il frappe au carreau du métro et la jeune fille se tourne vers lui, ouvre de grands yeux, ils se reconnaissent. Ils sont tous les deux en vie. Les choses ne sont pourtant pas si simples, Léon est désormais marié, il apprécie sa femme et a le sens du devoir, il refuse de faire les choses qui ne se font pas. 

Leur histoire ne se compose que de moments ratés, pourtant c’est une magnifique histoire d’amour. L’auteur raconte aussi des épisodes de la seconde guerre mondiale que l’on aborde pas systématiquement (la Banque de France, le Quai des Orfèvres …). Bref un bon roman de cette rentrée littéraire !


jeudi 18 octobre 2012

L'Embellie, Audur Ava Olafsdottir


Présentation de l'éditeur
En ce ténébreux mois de novembre, la narratrice voit son mari la quitter sans préavis et sa meilleure amie lui confier son fils de quatre ans. Qu'à cela ne tienne, elle partira pour un tour de son île noire, seule avec Tumi, étrange petit bonhomme, presque sourd, avec de grosses loupes en guise de lunettes.

Avec un humour fantasque et une drôlerie décapante, l’Embellie ne cesse de nous enchanter par cette relation cocasse, de plus en plus attentive, émouvante entre la voyageuse et son minuscule passager. Ainsi que par sa façon incroyablement libre et allègre de prendre les fugaces, burlesques et parfois dramatiques péripéties de la vie, et de la vie amoureuse, sur fond de blessure originelle. Et l’on se glisse dans l’Embellie avec le même bonheur immense que dans Rosa candida, en une sorte d’exultation complice qui ne nous quitte plus.

Avis
Ayant eu un coup de cœur pour Rosa Candida, précédent livre de l’auteure, j’attendais avec impatience ce nouveau titre, même si la crainte d’être déçue était bien présente. On retrouve cependant bien le style d’Audur Ava Olafsdottir, qui nous passionne en nous racontant des histoires de la vie de tous les jours. Il ne se passe rien d’extraordinaire dans ce livre, et pourtant on en redemande. Nous sommes dans un roman très réaliste qui nous montre l’évolution de deux personnes, petit à petit. Les relations avec les autres personnes sont peu développées mais on en comprend largement assez, on voit bien qu’elles sont limitées, alors à quoi bon en écrire des pages ?

Comme dans Rosa Candida, on est en présence de héros « normaux », ils ne sont pas plus forts que la moyenne, pas plus intelligents, ils ont des caractéristiques comme tout le monde. Le petit garçon, qui est handicapé, est absolument adorable, attachant, en un mot : irrésistible. On part dans un « road-book » comme dans Rosa Candida, et l’on voyage à travers l’Islande. Entre rires et larmes, ce livre nous touche, nous émeut, on en voudrait davantage. N’hésitez pas à découvrir ce superbe roman.

Maintenant que ce deuxième roman est fini, une seule autre demande : à quand le troisième ? 


samedi 13 octobre 2012

Pour seul cortège, Laurent Gaudé

Présentation de l'éditeur
En plein banquet, à Babylone, au milieu de la musique et des rires, soudain Alexandre s’écroule, terrassé par la fièvre.
Ses généraux se pressent autour de lui, redoutant la fin mais préparant la suite, se disputant déjà l’héritage – et le privilège d’emporter sa dépouille.
Des confins de l’Inde, un étrange messager se hâte vers Babylone. Et d’un temple éloigné où elle s’est réfugiée pour se cacher du monde, on tire une jeune femme de sang royal : le destin l’appelle à nouveau auprès de l’homme qui a vaincu son père…
Le devoir et l’ambition, l’amour et la fidélité, le deuil et l’errance mènent les personnages vers l’ivresse d’une dernière chevauchée.
Porté par une écriture au souffle épique, Pour seul cortège les accompagne dans cet ultime voyage qui les affranchit de l’Histoire, leur ouvrant l’infini de la légende

Avis
-->
Impatiente de lire le nouveau roman de Laurent Gaudé, qui m’avait passionnée avec son Soleil des Scorta, j’ai été un peu déçue par Pour seul cortège. On ne peut pas dire que ce soit un mauvais roman, ni qu’il soit mal écrit, il est juste moins bon que ses précédents à mes yeux.

Nous voici donc en 323 avant JC, pendant un banquet avec le célèbre Alexandre le Grand. Alors qu’il s’écroule, terrassé par la fièvre, on vit les derniers instants et la foule d’héritiers, les complots pour prendre sa suite pour l’Empire. Nous suivons le roman grâce à trois voix qui finissent par nous perdre à mon avis. Si le style est toujours là, les mots sont bien choisis, ils tombent juste, mais il manque quelque chose, un petit truc pour rendre le récit vraiment intéressant et vraiment passionnant.

Pour seul cortège est donc un roman qui se lit bien, qui se lit vite, mais dont on ne garde rien. En tout cas, il ne me laissera pas une trace impérissable. J’ai été déçue par ce livre de Laurent Gaudé dont j’attendais plus. Peut-être en attendais-je trop ? En tout cas, point positif qu’il faut lui reconnaître, on sent qu’il y a un bon exercice de style derrière la plume, on voit bien qu’il excelle dans les récits historiques et qu’il a eu plaisir à écrire ce livre. 
[Note pour Priceminister : 6/10]


jeudi 11 octobre 2012

Rue des voleurs, Mathias Enard


Présentation de l'éditeur

C’est un jeune Marocain de Tanger, un garçon sans histoire, un musulman passable, juste trop avide de liberté et d’épanouissement, dans une société peu libertaire. Au lycée, il a appris quelques bribes d’espagnol, assez de français pour se gaver de Série Noire. Il attend l’âge adulte en lorgnant les seins de sa cousine Meryem. C’est avec elle qu’il va “fauter”, une fois et une seule. On les surprend : les coups pleuvent, le voici à la rue, sans foi ni loi.
Commence alors une dérive qui l’amènera à servir les textes – et les morts – de manières inattendues, à confronter ses cauchemars au réel, à tutoyer l’amour et les projets d’exil.
Dans Rue des Voleurs, roman à vif et sur le vif, l’auteur de Zone retrouve son territoire hypersensible à l’heure du Printemps arabe et des révoltes indignées. Tandis que la Méditerranée s’embrase, l’Europe vacille. Il faut toute la jeunesse, toute la naïveté, toute l’énergie du jeune Tangérois pour traverser sans rebrousser chemin le champ de bataille. Parcours d’un combattant sans cause, Rue des Voleurs est porté par le rêve d’improbables apaisements, dans un avenir d’avance confisqué, qu’éclairent pourtant la compagnie des livres, l’amour de l’écrit et l’affirmation d’un humanisme arabe.
 
Avis

Dans ce roman, nous nous retrouvons en plein cœur de l’actualité, de l’histoire contemporaine. Nous sommes au Maroc, à Tanger au moment du Printemps arabe. Nous suivons la vie de Lakhdar, jeune marocain de 18 ans. Nous suivons ses pensées, ses pérégrinations, ses aventures … Tout d’abord chassé et déshérité par son père, puis recueilli au sein d’une association islamiste, on suit alors ses débuts en tant que libraire religieux.

On se sent quelques fois mal à l’aise en découvrant le Printemps arabe vu par les yeux de ce jeune, découvrant la violence des attentats, la facilité à tomber dans l’extrémisme, l’envie d’un ailleurs, la volonté d’immigration, le rêve de Marseille découvert grâce aux polars. Enfin, nous nous penchons sur la vie quotidienne marocaine, sur les subtilités qu’en tant que touristes nous ne voyons pas, sur la difficulté de suivre les principes tout en étant tenté … On aborde également les évènements politiques extérieurs comme la crise européenne, l’évolution et l’ampleur du mouvement des Indignés en Espagne, l’accueil plus ou moins ouvert des Tunisiens en Italie et en France, jusqu’aux élections présidentielles françaises de 2012. Nous voici dans un roman qui traite de l’actualité immédiate, nous vivons notre époque et les évènements majeurs qui viennent d’avoir lieu.

Mathias Enard réussit cependant à ne pas tomber dans les clichés et à nous proposer une ribambelle de portraits réalistes et différents les uns des autres. On avance dans l’histoire, voyageant, découvrant divers pays, avançant dans le temps et dans les aventures de Lakhdar sans s’en rendre compte.

N’est-ce pas cela un bon roman ? 

mardi 9 octobre 2012

Home, Toni Morrison

Présentation de l'éditeur
L’histoire se déroule dans l’Amérique des années 1950, encore frappée par la ségrégation. Dans une Amérique où le « White only » ne s’applique pas qu’aux restaurants ou aux toilettes, mais à la musique, au cinéma, à la culture populaire. L’Amérique de Home est au bord de l’implosion et bouillonne, mais c’est ici la violence contre les Noirs américains, contre les femmes qui s’exprime. Les grands changements amorcés par le rejet du Maccarthisme, par la Fureur de vivre ou le déhanché d’Elvis n’ont pas encore commencés. En effet, les Noirs Américains sont brimés et subissent chaque jour le racisme et la violence institutionnalisés par les lois Jim Crow, qui distinguent les citoyens selon leur appartenance « raciale ». Pour eux, le moindre déplacement, même le plus simple, d’un état à l’autre, devient une véritable mission impossible. En réponse à cette oppression, l’entraide et le partage – facilités par l’utilisation du Negro Motorist Green Book de Victor H. Green qui répertorie les restaurants et hôtels accueillant les noirs dans différents états – sont au cœur des relations de cette communauté noire dans une Amérique à la veille de la lutte pour les droits civiques. 

La guerre de Corée vient à peine de se terminer, et le jeune soldat Frank Money rentre aux Etats-Unis, traumatisé, en proie à une rage terrible qui s’exprime aussi bien physiquement que par des crises d’angoisse. Il est incapable de maintenir une quelconque relation avec sa fiancée rencontrée à son retour du front et un appel au secours de sa jeune sœur va le lancer sur les routes américaines pour une traversée transatlantique de Seattle à Atlanta, dans sa Géorgie natale. Il doit absolument rejoindre Atlanta et retrouver sa sœur, très gravement malade. Il va tout mettre en œuvre pour la ramener dans la petite ville de Lotus, où ils ont passé leur enfance. Lieu tout autant fantasmé que détesté, Lotus cristallise les démons de Frank, de sa famille. Un rapport de haine et d’amour, de rancœur pour cette ville qu’il a toujours voulu quitter et où il doit revenir. Ce voyage à travers les États-Unis pousse Frank Money à se replonger dans les souvenirs de son enfance et dans le traumatisme de la guerre ; plus il se rapproche de son but, plus il (re)découvre qui il est, mieux il apprend à laisser derrière lui les horreurs de la guerre afin de se reconstruire et d’aider sa sœur à faire de même.

Avis
Un court roman de Toni Morrison dont on a beaucoup parlé … Il se lit très vite et est assez captivant. Nous sommes aux Etats-Unis, dans les années 1950. Nous suivons principalement Frank Money, jeune noir américain qui nous raconte une partie de sa vie, son engagement lors de la guerre de Corée, la vie quotidienne dans une petite ville de Géorgie …

Pendant une partie du roman, nous n’en savons que peu sur Frank, nous avançons à tâtons pour progresser dans la narration et pourtant nous restons captivés par cette histoire. Le style de Toni Morrison est toujours aussi éblouissant, on alterne entre passage durs, émouvants et les moments drôles.

Au cours du roman, on aborde plusieurs thèmes intéressants : les relations avec les femmes (la relation de Frank avec sa sœur, avec ses amies …), l’Amérique des années 1950 et la vie des Noirs à cette époque. Autre thématique fortement évoquée : la culpabilité et le malaise du retour de la guerre. Frank revient donc de la guerre de Corée, il a perdu des amis, a tué des gens et on apprend à percevoir ce retour difficile au pays, comment « tourner la page » peut être compliqué.  

Un roman très court, moins de 200 pages, qui se lit d’une traite et qui nous marque, à ne pas louper !

Peste & choléra, Patrick Deville


Présentation de l'éditeur

« Ce n’est pas une vie que de ne pas bouger. »
 
Parmi les jeunes chercheurs qui ont constitué la première équipe de l’Institut Pasteur créé en 1887, Alexandre Yersin aura mené la vie la plus mouvementée. Très vite il part en Asie, se fait marin, puis explorateur. Découvreur à Hong Kong, en 1894, du bacille de la peste, il s’installe en Indochine, à Nha Trang, loin du brouhaha des guerres, et multiplie les observations scientifiques, développe la culture de l’hévéa et de l’arbre à quinquina. Il meurt en 1943 pendant l’occupation japonaise. Pour raconter cette formidable aventure scientifique et humaine, Patrick Deville a suivi les traces de Yersin autour du monde, et s’est nourri des correspondances et documents déposés aux archives des Instituts Pasteur.

Avis
Biographie romancée du scientifique Alexandre Yersin, disciple de Pasteur, ce roman multi sélectionné pour les prix de la rentrée littéraire nous permet de mieux connaître cet homme. Peu connu du grand public, il est pourtant l’inventeur du bacille de la peste et du vaccin contre cette maladie. S’il a accompli de grandes choses pour la médecine, on découvre pourtant un homme plus complexe, misanthrope, imperméable à la politique, un aventurier avec un besoin irrépressible de changer de lieu régulièrement. 

On ne retrouve pas la forme des biographies habituelles dans Peste et choléra, on a l’impression de lire un roman d’aventures. Les situations s’enchainent, le récit ne suit pas un court linéaire. Une page Yersin a 21 ans, l’autre page il en a 72, pourtant cela ne perturbe pas la lecture et permet même d’y gagner en intérêt. On alterne ainsi entre le fougueux Alexandre et la personne un peu plus calme qu’il devient. Les faits historiques et scientifiques sont transmis avec de l’humour, de petites phrases fréquentes sont présentes pour nous tirer un sourire. 

Alexandre Yersin vit pendant les deux guerres mondiales et pourtant on en parle peu, il reste à côté de cette vie politique, côtoyant pourtant certains hommes comme Paul Doumer. 

La biographie d’Alexandre Yersin nous permet donc d’en apprendre davantage et même de découvrir cet homme fascinant qui nous a légué un héritage scientifique conséquent.

vendredi 28 septembre 2012

Certaines n'avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka


Titre : Certaines n'avaient jamais vu la mer
Auteur : Julie Otsuka
Editeur : Phébus
Date de parution : Août 2012
Prix : 15 €

Présentation de l'éditeur

Nous sommes en 1919. Un bateau quitte l’Empire du Levant avec à son bord plusieurs dizaines de jeunes femmes promises à des Japonais travaillant aux États-Unis, toutes mariées par procuration.


C’est après une éprouvante traversée de l’Océan pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leurs futurs maris. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui auquel elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.

À la façon d’un chœur antique, leurs voix se lèvent et racontent leurs misérables vies d’exilées… leurs nuits de noces, souvent brutales, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l’humiliation des Blancs… Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre et la détention dans les camps d'internement – l’État considère tout Japonais vivant en Amérique comme traître. Bientôt, l’oubli emporte tout, comme si elles, leurs époux et leurs progénitures n’avaient jamais existé. 

Avis

J’avais très envie de lire cette histoire … Il faisait parti de mes attentes de la rentrée littéraire et je n’ai pas été déçue !

Si la forme de roman choral m’a surprise au début, la narration en « nous » étant assez peu courante malgré tout, elle a cependant contribué à mon coup de cœur. Ce « nous » renforce l’histoire, les émotions, on comprend qu’elles étaient vraiment nombreuses, on aborde de nombreuses histoires ainsi. On ne sait pas vraiment ce qui arrive à qui, mais on s’en moque à vrai dire. On est touché par ces femmes, par ces couples, par ces moments de vie …

Décomposé en chapitres plus ou moins longs qui abordent leur vie aux Etats-Unis, on découvre la vie de beaucoup de ces japonaises, leur difficulté à s’adapter, leur surprise, leur vie de tous les jours … On retrouve ou on apprend le racisme anti-japonais, on vit surtout l’époque de la seconde guerre mondiale où tous ces japonais sont considérés comme des traitres (un long chapitre évoque la question).

Le style de Julie Otsuka est vraiment très simple, très beau, très fluide. On lit d’une traite cette histoire qui nous permet d’aborder un pan de la seconde guerre mondiale dont on entend peu parler.

On évoque également la culture japonaise, le voyage du Japon vers les Etats-Unis et ses conditions misérables, mais aussi la découverte, la déception de la rencontre avec ce mari qu’on ne connaît pas. Puis la naissance des enfants, l’éducation à l’américaine … Bref beaucoup de scènes de vie de tous les jours, qui nous font passer les années sans que l’on s’en rende compte … On passe de 1919 à 1945 sans s’en apercevoir !

Un coup de cœur, à faire découvrir !


dimanche 16 septembre 2012

Géographie de la bêtise, Max Monnehay


Titre : Géographie de la bêtise
Auteur : Max Monnehay
Editeur : Seuil
Date de parution : Août 2012
Prix : 17 €

Présentation de l'éditeur

Lorsque Pierrot décide de créer une communauté d’"imbéciles" dans laquelle lui et ses semblables pourront vivre en paix, sans plus avoir à souffrir d’ostracisme, lorsqu’il fonde, loin de tout, ce "village des idiots", il ignore qu’ils seront si nombreux à le rejoindre. Bastien, le narrateur, fait partie des dizaines d’appelés que Pierrot va réunir, au terme d’un tour de France ébouriffant. Bastien a 22 ans. Vingt-deux années durant lesquelles sa mère, irascible, violente, lui a quotidiennement martelé que sa valeur n’atteignait pas celle d’un homme ordinaire. Le village lui offre une chance d’avoir enfin une vraie famille, d’obtenir un passeport pour le bonheur. Mais ce bonheur fait des envieux et, bientôt, ce paradis terrestre miniature finit par attirer des hommes et des femmes qui n’ont rien à y faire. Des malheureux, pour la plupart, qui tentent de s’y faire admettre en jouant les imbéciles. Face à cette menace, Pierrot impose désormais à chaque nouvel arrivant un examen très spécial, un test de QI inversé, diablement efficace, mais que Bastien trafiquera afin que puisse entrer au village et dans sa vie Elisa, une jeune femme dont il est tombé amoureux. Dans la chambre d’hôpital d’où il relate la grandeur et la décadence du village des idiots, Bastien reste obsédé par Elisa et, malgré un corps qui ne répond plus, malgré la douleur et la culpabilité qui le rongent, il fera tout pour la retrouver une ultime fois.

Avis
Une idée de base que je trouvais vraiment géniale, Géographie de la bêtise faisait parti des livres que j’attendais le plus pour cette rentrée littéraire … Ce fut une énorme déception je dois avouer … Je ne l’ai même pas terminé …

L’histoire de la création d’un village d’idiots où un test de QI à l’envers devient un critère d’entrée pour être accepté en tant qu’habitant. La narration est assurée par Bastien, un des idiots du village, ce qui se sent il faut l’avouer dans le style. Cela devient presque fatigant au final. Je pensais trouver un roman cynique, drôle, une critique de la société actuelle pourquoi pas … Et pourtant ce fut plat, bien loin de ce que laissait entendre la quatrième de couverture et le titre lui-même. Je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire, à vraiment aimer ces personnages …

Sans doute que j’en attendais beaucoup trop, en tout cas j’ai été bel et bien déçue par ce roman et je ne le recommande pas. Il y a beaucoup d’autres livres à découvrir pour cette rentrée littéraire, et encore plus en général. 

Le Sermon sur la chute de Rome, Jérôme Ferrari


Titre : Le sermon sur la chute de Rome
Auteur : Jérôme Ferrari
Editeur : Actes Sud
Date de parution : Août 2012
Prix : 19 €

Présentation de l'éditeur

Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de connaître une mutation profonde sous l'impulsion de ses nouveaux gérants. A la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le continent, pour, fidèles aux enseignements de Leibniz, transformer un modeste débit de boissons en "meilleur des mondes possibles". Mais c'est bientôt l'enfer en personne qui s'invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes ou conviant à d'irréversibles profanations des êtres assujettis à des rêves indigents de bonheur, et victimes, à leur insu, de la tragique propension de l'âme humaine à se corrompre. 

Entrant, par-delà les siècles, en résonance avec le sermon par lequel saint Augustin tenta, à Hippone, de consoler ses fidèles de la fragilité des royaumes terrestres, Jérôme Ferrari jette, au fil d'une écriture somptueuse d'exigence, une lumière impitoyable sur la malédiction qui condamne les hommes à voir s'effondrer les mondes qu'ils édifient et à accomplir, ici-bas, leur part d'échec en refondant sans trêve, sur le sang ou les larmes, leurs impossibles mythologies.

Avis
Si l’auteur a sans conteste du style, les phrases sont belles, le roman s’enchaine avec une certaine fluidité, il faut reconnaître que je n’ai pas été conquise.

Pendant tout le roman, la narration s’alterne nous faisant découvrir la vie de Marcel, la vie de Mathieu et Libéro puis la vie d’Aurélie. Nous voyons donc plusieurs époques : celle de Marcel et l’actuelle. Tous semblent ne pas être vraiment heureux, il y a quelque chose qui les gêne, les empêchent d’être heureux.
Mathieu et Libéro sont en master de philosophie et font leur master sur Leibniz et Saint-Augustin respectivement. Ils quittent finalement leurs études pour reprendre un bar de proximité dans le petit village corse d’où vient Libéro et où Mathieu a passé toutes ses vacances.  La chute de Rome est alors adaptée à leur histoire, narrant la chute qui ne saurait tarder à leur époque.

Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, les trouvant soit agaçants, soit fatigants, bref cela rendait compliqué ma lecture … Il semble également nécessaire d’avoir quelques connaissances sur Saint-Augustin pour apprécier correctement ce livre.  Ce qui m’a le plus plu dans ce récit : les descriptions des lieux. Pourtant, je ne suis généralement pas une grande fan de ces moments, mais là je trouve que Jérôme Ferrari a su fait revivre les différents paysages.

Bref, sinon ce ne fut pas une lecture qui me restera … 

dimanche 9 septembre 2012

Les matchs de la rentrée littéraire 2012


Priceminister organise comme chaque année les matchs de la rentrée littéraire. Pour la compétition de cette année sont sélectionnés :

  • Parfums de Philippe Claudel
  • Pour seul cortège de Laurent Gaudé
  • Barbe bleue d'Amélie Nothomb
  • "Oh ..." de Philippe Djian
  • Une place à prendre de JK Rowling
  • Home de Toni Morrison
  • Les Affreux de Chloé Schmitt
  • L'Amour sans le faire de Serge Joncour
  • Je vais passer pour un vieux con de Philippe Delerm
  • Gains de Richard Powers
  • Un week end en famille de François Marchand
  • Tigre, tigre ! de Margaux Fragaso
En participant, en échange d'une chronique sur le livre demandé, vous recevez le livre de votre choix parmi cette liste évidemment. Il est également possible de recevoir un deuxième titre en parrainant un autre blogueur. 

J'ai choisi après de nombreuses hésitations Une place à prendre de JK Rowling. Mais si un blogueur veut que je le parraine je pense craquer pour le livre de Laurent Gaudé (bien que j'ai très envie du Toni Morrison et du Powers !).  (Edit : voilà je parraine quelqu'un ! Le Gaudé viendra donc rejoindre mes étagères ! :) )

Bref pour participer :
1. Sélectionnez le livre dont vous voulez faire la critique, et confirmez votre participation à l’adresse suivante: oliver.moss[at]priceminister[point]com avant le 12 octobre 2012. Précisez-nous vos coordonnées postales et l’URL de votre blog : nous vous ferons parvenir le livre de votre choix dès qu’il sera disponible.
2. Rédigez votre article et informez-nous de l’URL de l’article sur votre blog.
3. Vous pouvez inviter un ami blogueur à participer à l’opération, et ainsi gagner un livre supplémentaire, votre filleul doit pour ce faire préciser que vous le parrainez lors de l’annonce de sa participation à l’organisateur (N.B. : les blogs contactés par PriceMinister ne peuvent pas être parrainés, vous ne pouvez pas non plus vous parrainer vous-même si vous avez un second blog, mais pouvez quand même participer avec ce dernier).
4. Le match littéraire prendra fin le 1er novembre 2012. Le communiqué final mettra en avant les meilleures contributions publiées dans le cadre du match littéraire sur le blog PriceMinister.

Plus d'infos ici

jeudi 6 septembre 2012

Barbe bleue, Amélie Nothomb


Titre : Barbe Bleue
Auteur : Amélie Nothomb
Editeur : Albin Michel
Date de parution : Août 2012
Prix : 16.50 €

Présentation de l'éditeur
« La colocataire est la femme idéale. »

Avis


Le nouveau roman d’Amélie Nothomb, sorti traditionnellement lors de la rentrée littéraire, avait beaucoup pour nous appâter. Une réécriture de Barbe Bleue, transposé à l’époque actuelle. Voilà qui me convainquit …

Et pourtant … Quelle déception … Je dois avouer m’être ennuyée au cours de ces 170 pages, qui sont pourtant assez aérées. Si l’idée de recréer Barbe Bleue trouvant ses victimes grâce à la colocation est vraiment bonne, les personnages laissent à désirer. Don Elemirio Nibal y Milcar est un être particulier, agaçant, lassant tandis que Saturnine semble être une Madame Je sais tout, sûre d’elle. Leurs échanges sont plats, le seul rythme du roman arrive dans les dernières pages lors de la révélation finale. Tout ça pour finir gâcher par une fin étonnante et totalement invraisemblable.

Voyons le bon côté des choses pour ce livre, il se lit vite, donc nous ne perdons pas trop de temps. J’ai pu apprendre de nombreuses marques de champagne, et désormais je pourrai citer les bons Champagne sans souci. Même si je dois avouer que je ne suis pas sure que cela me servira tous les jours ! Je sais également expliquer le prénom Saturnine, son étymologie etc. Pareil, je ne suis pas certaine que cela me serve régulièrement …

Je suis donc déçue de ce roman, d’autant que j’en avais entendu bien avant sa sortie, on nous annonçait le retour des bons romans de Nothomb. Je n’en suis que plus désappointée. Il faut cependant lui reconnaître qu’elle écrit avec habileté le dialogue, qui nous permet d’en apprendre sur les histoires des personnages sans trop de narration. Voilà bien le seul point positif trouvé.
 

mercredi 5 septembre 2012

Chapardeuse, Rebecca Makkai


Sélectionné pour le Prix America

Titre : Chapardeuse
Auteur : Rebecca Makkai
Editeur : Gallimard
Date de parution : Août 2012
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur
Lucy, célibataire pas encore trentenaire, est bibliothécaire dans une petite ville perdue du Middle West. Ian, dix ans, fils unique de chrétiens fondamentalistes homophobes, est son plus fidèle lecteur. Un beau matin, elle le découvre sur son lieu de travail réfugié parmi les livres. Contre toute attente, elle ne va pas le ramener tout de suite à ses parents. Ensemble, ils vont parcourir plusieurs Etats de cette Amérique post-11-Septembre.

Pour ce gamin rêveur, c'est la découverte du vaste monde ; pour elle, l'occasion de s'interroger sur ses origines russes, le déracinement de ses ancêtres et leurs aspirations à plus de liberté. Rebecca Makkai signe ici un premier roman humaniste et original en forme de road-book. Une balade épique et onirique qui décortique les traumatismes d'une nation faite d'immigrants, de fugueurs et de chapardeurs d'identités.

Avis


Rebecca Makkai signe ici son premier roman qui nous emmène à travers l’Amérique grâce à deux personnages assez différents l’un de l’autre. Lucy, l’adulte, bibliothécaire jeunesse de 26 ans se retrouve « kidnappée » par Ian, enfant de 10 ans, passionné de lecture et soupçonné d’être homosexuel par ses parents.

Les parents de Ian sont des chrétiens fondamentalistes homophobes, ainsi il est hors de question que leur fils ne soit pas hétéro et il est conduit chaque semaine dans un stage de réadaptation avec le pasteur Bob. Si Ian ne comprend pas trop ce qu’il en est, ne semble pas plus perturbé que cela, il l’est en revanche davantage quand sa mère lui interdit de nombreuses lectures. Ainsi, il lui est impossible de lire Harry Potter, Bilbo le Hobbit et tout autre livre contenant ou évoquant des magiciens, des sorciers ou autres. Il ne peut lire que des romans parlant de la religion. Or, cela se révèle assez limité. Loin d’être sans ressources, le petit garçon se débrouille pour obtenir des romans qui lui plaisent de la part de Lucy, en cachette.

La vie continue ainsi jusqu’à ce matin, où Lucy tombe sur le petit garçon dans la bibliothèque. Enfermé pour la nuit au sein de l’établissement, il s’est caché et « kidnappe » la bibliothécaire. S’en suit un magnifique « road-book » à travers les Etats-Unis. On comprend pourquoi Lucy ne ramène pas Ian chez lui, on aborde de nombreuses questions annexes : l’histoire de la Russie, les relations familiales, l’homosexualité, la vision de cette homosexualité dans une partie des Etats-Unis. Bref un roman ancré dans son époque qui la décrit merveilleusement bien. Les personnages sont attachants, drôles. On aimerait que le voyage dure plus longtemps.

Le style de Rebecca Makkai nous emmène à travers la société américaine tout en nous faisant réfléchir à notre tour. Comment aurions-nous réagit face à ce petit garçon ?

Il s’agit certainement d’un de mes coups de cœur de la rentrée littéraire. A conseiller. 



dimanche 2 septembre 2012

Les affreux, Chloé Schmitt

Titre : Les Affreux
Auteur : Chloé Schmitt
Editeur : Albin Michel
Date de parution : Août 2012
Prix : 16 €

Présentation de l'éditeur
« Grandir et crever. Même avec plein de choses au milieu, c est pas une vie. »

D'un jour à l'autre, un homme perd l'usage de son corps. Pas tout à fait mort, plus réellement vivant, il assiste, impuissant, au spectacle d'un monde sur lequel il n'a plus prise. Lâche, cruel, vulgaire. Le monde tel qu'il est ou tel qu'il le voit?
Dans un souffle furieux, porté par une langue heurtée et sans cesse réinventée, ce roman raconte la déchéance d'un homme et, au-delà, l'impossible communication dans une société qui court à sa perte.

Avis

Le premier roman de Chloé Schmitt aborde un thème difficile, celui de l’AVC. Nous suivons un homme à partir de sa crise. On le voit alors pendant quelques pages alors qu’il est encore valide, puis nous le retrouvons à l’hôpital. Il est désormais incapable de parler, il n’arrive qu’à pousser des grognements. Incapable de bouger, il ne peut sentir que sa main droite. Les médecins le disent débiles, et pourtant il est capable de tout observer, tout entendre, coincé dans son corps sans pouvoir intervenir.

Les situations s’enchaînent au gré des parties, les personnages s’occupant de lui évoluant aussi. Chaque personne est décrite, analysée à sa façon, le monde lui-même est décrit selon sa nouvelle vue. Le plafond prend une grande importance par exemple, coincé qu’il est dans son lit.

Les affreux fait parti des livres qui nous marque, ou du moins qui nous trotte dans la tête pendant quelques temps. Non pas particulièrement à cause du style ou autre, plus suite aux réflexions provoquées. En effet, les AVC sont très courants dans notre société et celui pourrait nous arriver. Au cours de la lecture, on est obligé de s’imaginer à la place d’Alphonse. Autre fait marquant du livre, il permet d’aborder les dérives de notre société. Alphonse nous fait entrevoir la violence conjugale, les tromperies, l’alcoolisme, les mensonges … On a alors tout un panel « d’affreux ». Le livre se lit assez vite, on enchaîne les pages pour découvrir le prochain personnage qui nous sera proposé. Pourtant il y a un bémol à cette nouveauté, j’avoue avoir eu du mal avec le style de l’auteur. Elle utilise la vulgarité, les phrases courtes accrocheuses afin de montrer la violence qui a lieu, je suppose et cela m’a quelque peu gênée.

Sinon, il s’agit d’un bon livre, sans coup de cœur. 


mardi 7 août 2012

Challenge Rentrée littéraire



Bonjour à tous,

La rentrée littéraire approche à grand pas et je vous propose donc un petit challenge avec une liste de 22 livres.
La date limite du challenge sera le 1er avril 2013.

Voici la liste :

Challenge Rentrée littéraire

1.    70% acrylique, 30% laine, Viola Di Grado
2.    Les affreux, Chloé Schmitt
3.    Certaines n’avaient jamais vu la mer, Julie Otsaka
4.    Chapardeuse, Rebecca Makkai
5.    La déesse des petites victoires, Yannick Grannec
6.    L’Embellie, Ava Olafsdottir Audur
7.    La fabrique des illusions, Jonathan Dee
8.    Géographie de la bêtise, Max Monnehay
9.    Lame de fond, Linda Lê
10.    Le Monde à l’endroit, Ron Rash
11.    Qu’avons-nous fait de nos rêves ? Jennifer Egan
12.    Les quatre livres, Lian Ke Yan
13.    Réanimation, Cécile Guilbert
14.    Le terroriste noir, Tierno Monénembo
15.    Léon et Louise, Alex Capus
16.    Le jeu des ombres, Louise Erdrich
17.    La survivance, Claudie Hunzinger
18.    Barbe bleue, Amélie Nothomb
19.    Pour seul cortège, Laurent Gaudé
20.    Kalooki nights, Howard Jacobson
21.    Moi et toi, Niccolo Ammaniti
22.    Une place à prendre, JK Rowling
23.    Les lisières, Olivier Adam
24.   Arrive un vagabond, Robert Goolrick

Les inscriptions peuvent se faire sur livraddict ou sur mon blog. Vous pouvez vous inscrire selon la catégorie et évoluer en cours de route :

- de 1 à 5 livres : "Chloé Schmitt"
- de 6 à 10 livres : "JK Rowling"
- de 11 à 15 livres : "Laurent Gaudé"
- de 16 à 20 livres : "Olivier Adam"
- 21 et + livres : "Amélie Nothomb"

Logo ajouté : Merci @K.Special !

Je vous demanderai juste d'ajouter le logo sur les chroniques que vous faites pour que l'on puisse reconnaître le challenge :) !

Inscrits :

- Loucy => "JK Rowling"
  1. Les Affreux, Chloé Schmitt
  2. Chapardeuse, Rebecca Makkai 
  3. Barbe bleue, Amélie Nothomb
  4. Géographie de la bêtise, Max Monnehay
  5. Certaines n'avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka
  6. Pour seul cortège, Laurent Gaudé
  7. L'Embellie, Audur Ava Olafsdottir
  8. Léon et Louise, Alex Capus
  9. Une place à prendre, JK Rowling


    - K.Special => "Chloé Schmitt" : son billet

    - Jostein => "Laurent Gaudé"
    1. L'embellie, Ava Olafsdottir Audur
    2. Pour seul cortège, Laurent Gaudé
    3. Barbe bleue, Amélie Nothomb
    4. Une place à prendre, JK Rowling
    5. Certaines n'avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka
    6.  Réanimation, Cécile Guilbert
    7. La déesse des petites victoires, Yannick Gannec
    8. Le Monde à l'endroit, Ron Rash
    9. Le Jeu des ombres, Louise Erdrich
    10. Arrive un vagabond, Robert Goolrick
    11. Lame de fond, Linda Lê