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jeudi 7 février 2013

La Splendeur de la vie, Michael Kumpfmuller


Présentation de l'éditeur
En juillet 1923, Franz Kafka accompagne sa soeur Elli à Müritz, une petite station balnéaire de la Baltique. C’est là qu’il rencontre Dora Diamant. Il a 40 ans et il est gravement malade, elle a 25 ans et elle est la vie même. Moins connu que son histoire avec Milena ou Felice, ce dernier amour de Kafka est probablement le plus abouti et à coup sûr le plus poignant. Bravant sa faiblesse et l’hostilité parentale, il la rejoint à Berlin, ils déménagent d’une petite chambre à l’autre, elle fait des menus boulots, il écrit la nuit, l’inflation galope et l’argent manque, l’antisémitisme est déjà sensible.
Mais ils sont heureux. Onze mois après leur rencontre, Kafka meurt dans les bras de Dora dans un sanatorium près de Vienne.

Avis
La splendeur de la vie raconte l’histoire d’amour entre Kafka et son dernier amour : Dora Diamant. Il a 40 ans, elle a 25 ans …Il est malade, souffrant de la tuberculose, elle est pleine de vie. L’attirance est présente dès leur rencontre, et se transforme en amour profond au fil des conversations. On vit ici les dernières années de Kafka, l’alternance des points de vue permet de mieux comprendre ce que chacun ressentait et surtout de voir à quel point Dora comprenait bien Franz. A travers la narration, on redécouvre aussi le Belin des années 20-30, avec la crise financière et les soucis que cela engendre. On assiste également à la montée du nazisme, qui préoccupe particulièrement Dora et Kafka, tous les deux juifs. Ils envisagent d’ailleurs l’émigration en Palestine. 

La vie avec Kafka n’est pas idéalisée et si Dora l’aime, elle se rend compte malgré tout que la vie de couple n’est pas conforme à ce qu’elle avait pu imaginer, même si ce n’est pas forcément négatif. Cependant la vie est difficile, Kafka est très malade et Dora doit endosser le rôle d’infirmière pour le soulager, l’aider, ce qu’elle fait avec une abnégation remarquable. Les proches de Kafka seront d’ailleurs étonnés de voir qu’il a réussi à trouver une compagne aussi exceptionnelle. 

Ce livre m’a fait de l’œil dès que j’ai vu qu’il allait parler de Kafka, écrivain que j’adore et de ses dernières années aux côtés de son dernier amour. Je voulais le lire, découvrir, et je n’ai vraiment pas été déçue ! 

Ce roman célèbre donc les passages heureux de la fin de vie de cet écrivain tout en rendant un hommage vibrant à Dora Diamant. Même si l’on connaît la fin avant de lire l’histoire, on est touchés, émus à la lecture de cette fin tragique, de cet amour, du dévouement … 

A découvrir …

jeudi 10 janvier 2013

Rebelles, Anna Godbersen


Présentation de l'éditeur
Des filles rebelles dans des robes sublimes font la fête jusqu'à l'aube. Des garçons irrésistibles aux sourires machiavéliques ont des intentions suspectes. Mensonges, secrets et scandales. Nous sommes à Manhattan... en 1899.

Avis
Séduite en premier lieu par la magnifique couverture de ce premier tome – et des tomes qui suivront – j’ai ensuite été conquise par l’histoire. Nous voici à New-York dans la fin des années 1890, nous suivons les aventures de la bonne société new-yorkaise et plus particulièrement des sœurs Holland. Elizabeth, qui est censée être un des personnages principaux, est enterrée dans le premier chapitre, nous commençons même par cela. Nous retournons ensuite dans le passé pour comprendre ce qu’il s’est passé pour cette jeune femme dont l’avenir semblait si prometteur. 

« Le matin du 4 Octobre 1899, Élizabeth Adora Holland, fille aînée de feu Mr. Edward Holland et de sa veuve, Louisa Gansevoort Holland, a quitté ce bas monde. Ses funérailles seront célébrées demain dimanche 8 octobre à dix heures du matin, en l’église épiscopale Grace, 800 Broadway, Manhattan » Rubrique nécrologique de The New-York News of the world gazette, Samedi 7 Octobre 1899 

Les personnages inventés par Anna Godbersen sont vraiment intéressants, complexes, recherchés. J’ai adoré Diana Holland qui est pleine de vie, surprenante, en avance sur son temps. Autre grand intérêt de la narration, les avancées faites grâce aux extraits d’articles de journaux, cela donne une touche réelle à ce récit et nous plonge complètement dans la société de cette fin XIXe siècle. L’alternance de point de vue à chaque chapitre permet d’éviter de se lasser tout en suivant plusieurs histoires, même si je dois avouer que lorsqu’il s’agissait de Lina, cela m’agaçait assez vite ! Si les histoires sont loin d’être compliquées ou originales, on se laisse charmées avec plaisir. De nombreux clichés sont bien entendu présents, comme souvent dans les romans « fifilles » mais ça ne gêne pas tellement la lecture puisque généralement compensés par des évènements ou des personnages (souvent Diana à vrai dire). Les personnes masculins cependant sont peu développés et on ne les connaît que superficiellement. J’ai aimé l’évolution d’Henri, si au début il avait tendance à m’agacer, au fur et à mesure je l’ai apprécié davantage. En bref, j’ai aimé le style d’Anna Godbersen qui m’a complètement emmenée dans son univers, j’ai dévoré ce premier tome – tout comme les suivants.


mercredi 9 janvier 2013

Hate List, Jennifer Brown


Présentation de l'éditeur
"C'est moi qui ai eu l'idée de la liste. Je n'ai jamais voulu que quelqu'un meure. Est-ce qu'un jour on me pardonneras ?"

C'est ce que pense Valérie, effondrée après un drame inexplicable survenu au lycée. Son petit ami, Nick, a ouvert le feu dans la cafétéria, visant un à un tous les élèves de la liste. Cette fameuse liste qu'ils ont écrite pour s'amuser et où figurent ceux qui étaient odieux, lâches, méprisants dans l'établissement. Maintenant, ils sont blessés ou morts. Et Nick s'est suicidé, emportant son secret pour toujours. Mais Valérie elle, est toujours là, enfermée dans une bulle de questions sans réponses? Jusqu'au matin, où elle se lève et quitte sa chambre pour retourner au lycée...

Avis
J’ai lu Hate list il y a déjà un bon moment, mais je n’avais pas encore pris le temps d’en parler. Nous suivons les pensées et la vie de Valérie, après la fusillade au lycée commise par son copain, Nick. Lui s’est suicidé … Elle est toujours là, montrée du doigt, suspectée alors qu’au final, ce n’est pas elle qui a tiré. Mais d’une certaine façon, elle est responsable, du moins le pense-t-elle comme ses camarades. Un récit sur la culpabilité et l’adolescence… 

Valérie et Nick ne sont pas très populaires, ils subissent moqueries de certains camardes et un jour Valérie craque et débute la liste de la haine (Hate list et oui). 

« C'est là que j'ai eu l'idée d'écrire leur nom dans un carnet, un carnet qui aurait fait office de poupée vaudou de papier, pour me soulager. Le fait de noter leur nom dans ce carnet serait la preuve que c'étaient des super-nuls et que, moi, j’étais une victime. » 

Au fur et à mesure, la liste devient de plus en plus importante, les motifs de plus en plus futiles … Tout le monde a détesté, en a voulu à quelqu’un un jour, et l’a exprimé à sa façon. Eux, c’est grâce à cette liste, du moins c’est ce que pense la jeune fille. Un jour, Nick va au lycée avec des armes et vise et tue les personnes sur cette liste. 

« Je crois qu'à un moment on a pensé publier cette liste, histoire de montrer à tout le monde à quel point certains étaient vaches. Rirait bien qui rirait le dernier, surtout ces cheerleaders qui m'appelaient Soeur Funèbre et ces crétins d'athlètes qui bousculaient Nick dans les couloirs dès que personne ne les surveillait. Ces "adolescents modèles" dont nul ne voulait croire qu'ils étaient largement aussi malveillants que les adolescents dit "mauvais". Plusieurs fois, on avait même évoqué l'idée que le monde serait plus facile à vivre si chacun avait sa liste, autrement dit si chacun était considéré comme responsable de ses gestes. » 

Nous suivons cette histoire petit à petit, alternant entre le passé, le présent. Nous découvrons grâce à la thérapie de Valérie, elle tente d’accepter ce qui s’est passé, ce qui est loin d’être facile. 

On voit aussi une autre face des massacres dont on entend parler régulièrement, qui ne peut pas citer Columbine, on voit l’après dont on parle peu, ceux qui restent, ceux qui étaient amis avec le tueur. Le monde est loin d’être noir ou blanc, tous ont une part de culpabilité, les personnes qui harcelaient et qui les prenaient pour bouc émissaire, Nick … Chacun a sa part de responsabilité, plus ou moins grande évidemment. 

Valérie doit donc accepter d’être l’auteure de la liste de la haine, d’avoir cette responsabilité, mais elle doit supporter les regards des autres, qui oublient qu’au final elle a pris part au massacre pour sauver une fille qu’elle n’aimait pas, qu’elle a pris une balle dans la jambe pour elle, qu’elle a perdu celui qu’elle aimait. 

Hate list est un roman vraiment émouvant, dans le sens où on ressent de nombreuses émotions en le lisant. On est touchés par Valérie, énervés, choqués par le massacre, en colère en lisant les brimades, dépités en voyant à quel point c’est difficile pour la jeune ado de retourner dans son lycée … On le lit d’une traite et on en sort en gardant cette histoire pendant quelques temps dans un coin de la tête. Jennifer Brown a parfaitement réussi son pari, elle nous a emmené où elle le voulait, on sent qu’elle a fait des recherches sur le sujet, qu’elle connaît bien la thématique et c’en est que plus réussi.


dimanche 2 décembre 2012

Parle-moi, Sarah Mlynowski


Présentation de l'éditeur
Devorah Banks a dix-sept ans et tout va mal : le beau Brian vient de la quitter… Pour couronner le tout, elle fait tomber son portable dans une fontaine ! Ce qui, bizarrement, n’empêche pas le téléphone de sonner… et c’est le choc lorsque Devorah entend une voix bien familière au bout du fil : la sienne ! Une version d’elle-même plus jeune de quatre ans, qui n’a pas encore connu ses déboires et aurait bien besoin de ses conseils.
Devorah se retrouve soudain devant une chance inespérée : tout recommencer… autrement !

Avis
Parle-moi est une histoire plutôt sympa, en effet, tout le monde a voulu changer quelque chose de son passé … Pouvoir téléphoner à son « moi » plus jeune semble tellement attrayant … Et pourtant, si l’histoire de base est sympa, j’ai trouvé que ça tournait un peu en rond. Autant Devy jeune m’a parue très sympa, mignonne, attachante, drôle, autant Devy du futur, dite Ivy, m’a semblée autoritaire, jamais satisfaite, avec un désir de revanche à satisfaire assez important … Du coup, elle m’exaspérait un peu et je plaignais la pauvre « Bleue ». Je me disais que je n’aurai jamais pu répondre à autant d’exigence et que je l’aurai envoyé bouler avant ! 

Pourtant, j’ai trouvé que l’histoire était sympa globalement, on passe un bon moment et il se lit très vite, en quelques heures, il est fini. J’aurai aimé en savoir plus sur « l’avant » coup de téléphone, savoir plus sur la vie d’Ivy, en savoir plus sur la vie de Bleue … Bref, j’en aurai voulu plus, davantage de détails… 

Ne crachons pas dessus cependant, le style est pas mal, on passe un bon moment en le lisant mais pas sure de le garder très longtemps en mémoire !

vendredi 16 novembre 2012

Oscar Pill T5, Eli Anderson


Présentation de l'éditeur
Alors que le monde est ravagé par la folie du Prince Noir, Oscar part pour l’ultime destination de son voyage initiatique dans le corps humain: Le cerveau, Cerebra, le plus fascinant - et le plus dangereux - des univers intérieurs, qui lui révélera aussi le secret de sa propre destinée.

Avis
Attention cet avis peut contenir des spoilers comme il s’agit du 5e – et dernier – tome d’Oscar Pill. 

Nous reprenons donc deux ans après la fin du tome 4. Le monde va très mal, les Pathologus ont gagné et règnent sur le monde. Tout le monde vit dans la terreur, les exécutions publiques de médecins sont fréquentes, tout comme les inspections. Lorsque l’on est arrêté, on subit des tortures que seuls les Pathologus sont capables de faire subir. 

Oscar, quant à lui, tente de mener la mission confiée par Mrs Wither. Il s’est endurci et a à peu près réussi à développer la patience. 

Le récit démarre alors pour de bon avec le retour d’Oscar à Pleasentville, il est considéré comme le sauveur, plein d’espoir et d’attente reposent sur lui. Cependant, il doit avant tout obtenir son cinquième trophée : il doit donc se rendre dans Cerebra. 

Dans ce dernier tome, on retrouve tous les personnages de la série et c’est vraiment chouette. J’adore vraiment Valentine qui est toujours aussi drôle, Violette est toujours aussi rêveuse, Lawrence est toujours mignon, bref … Toujours aussi sympa de retrouver ces personnages et de les accompagner jusqu’à la dernière page. 

Le récit se déroule assez vite et il y a beaucoup d’actions. Il s’agit du combat final entre Médicus et Pathologus, tout doit se régler dans ce tome. La narration est un peu plus adulte, un peu plus sombre, des personnages changent et deviennent plus noirs. 

J’ai été complètement passionnée par ce livre, assez pour le lire presque d’une traite. Cependant, c’est avec une pointe de tristesse que je quitte Oscar et ses amis …


mardi 18 septembre 2012

Treize raisons, Jay Asher


Titre : Treize Raisons
Auteur : Jay Asher
Editeur : Albin Michel
Collection : Wiz
Date de parution : Mars 2010
Prix : 13.70 €

Présentation de l'éditeur
Clay reçoit treize cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui sont impliquées dans sa vie : amies ou ennemies, chacune de ces personnes a compté dans sa décision. D’abord choqué, Clay écoute les cassettes en cheminant dans la ville. Puis, il se laisse porter par la voix d’Hannah. Hannah en colère, Hannah heureuse, Hannah blessée et peut-être amoureuse de lui. C’est une jeune fille plus vivante que jamais que découvre Clay. Une fille qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer…

Avis
Il s'agit là du premier roman de Jay Asher. Un premier roman que je qualifierai de réussi. Dans ce livre il est question de la vie d'Hannah Baker qui s'est terminée de façon tragique à l'aube de sa vie d'adulte. Il est étonnant d'entendre Hannah raconter sa vie de l'au-delà par le biais des cassettes – d’autant qu’à l’heure actuelle, les cassettes ne sont plus utilisées, cela donne un petit côté décalé. Il est également intéressant d'avoir pour narrateur Clay, un garçon, mais surtout celui qui était fou d'elle.
On a envie de savoir pourquoi elle a fait ça, est-ce que cela aurait pu être évité ? Etait-elle si seule ? On se doute que c'est un geste réfléchi, vu qu'il y a ces cassettes. Il lui a fallu du temps pour se confier, expliquer, se souvenir et préparer le parcours de son témoignage.
Dans ce livre, on peut craindre une certaine nostalgie, ou une tristesse à la fin. Pourtant, quand on ferme le livre, il ne reste que de l'espoir. On connaît la fin dès le début du livre, Hannah est morte. Mais elle explique son geste, montre le pourquoi et surtout démontre que chaque geste, chaque parole même minime a un impact dans la vie d'autrui. Hannah décrit le monde de l'adolescence avec justesse, on aborde plusieurs "types" de personnes : le sportif, le comique, etc. Elle y décrit aussi le malaise que l'on peut ressentir, les rumeurs du lycée, l'indifférence ... Et enfin le thème du suicide.
Bref, j'ai beaucoup aimé, ce fut l'un de mes coups de coeur 2010 !


jeudi 6 septembre 2012

Barbe bleue, Amélie Nothomb


Titre : Barbe Bleue
Auteur : Amélie Nothomb
Editeur : Albin Michel
Date de parution : Août 2012
Prix : 16.50 €

Présentation de l'éditeur
« La colocataire est la femme idéale. »

Avis


Le nouveau roman d’Amélie Nothomb, sorti traditionnellement lors de la rentrée littéraire, avait beaucoup pour nous appâter. Une réécriture de Barbe Bleue, transposé à l’époque actuelle. Voilà qui me convainquit …

Et pourtant … Quelle déception … Je dois avouer m’être ennuyée au cours de ces 170 pages, qui sont pourtant assez aérées. Si l’idée de recréer Barbe Bleue trouvant ses victimes grâce à la colocation est vraiment bonne, les personnages laissent à désirer. Don Elemirio Nibal y Milcar est un être particulier, agaçant, lassant tandis que Saturnine semble être une Madame Je sais tout, sûre d’elle. Leurs échanges sont plats, le seul rythme du roman arrive dans les dernières pages lors de la révélation finale. Tout ça pour finir gâcher par une fin étonnante et totalement invraisemblable.

Voyons le bon côté des choses pour ce livre, il se lit vite, donc nous ne perdons pas trop de temps. J’ai pu apprendre de nombreuses marques de champagne, et désormais je pourrai citer les bons Champagne sans souci. Même si je dois avouer que je ne suis pas sure que cela me servira tous les jours ! Je sais également expliquer le prénom Saturnine, son étymologie etc. Pareil, je ne suis pas certaine que cela me serve régulièrement …

Je suis donc déçue de ce roman, d’autant que j’en avais entendu bien avant sa sortie, on nous annonçait le retour des bons romans de Nothomb. Je n’en suis que plus désappointée. Il faut cependant lui reconnaître qu’elle écrit avec habileté le dialogue, qui nous permet d’en apprendre sur les histoires des personnages sans trop de narration. Voilà bien le seul point positif trouvé.
 

dimanche 2 septembre 2012

Les affreux, Chloé Schmitt

Titre : Les Affreux
Auteur : Chloé Schmitt
Editeur : Albin Michel
Date de parution : Août 2012
Prix : 16 €

Présentation de l'éditeur
« Grandir et crever. Même avec plein de choses au milieu, c est pas une vie. »

D'un jour à l'autre, un homme perd l'usage de son corps. Pas tout à fait mort, plus réellement vivant, il assiste, impuissant, au spectacle d'un monde sur lequel il n'a plus prise. Lâche, cruel, vulgaire. Le monde tel qu'il est ou tel qu'il le voit?
Dans un souffle furieux, porté par une langue heurtée et sans cesse réinventée, ce roman raconte la déchéance d'un homme et, au-delà, l'impossible communication dans une société qui court à sa perte.

Avis

Le premier roman de Chloé Schmitt aborde un thème difficile, celui de l’AVC. Nous suivons un homme à partir de sa crise. On le voit alors pendant quelques pages alors qu’il est encore valide, puis nous le retrouvons à l’hôpital. Il est désormais incapable de parler, il n’arrive qu’à pousser des grognements. Incapable de bouger, il ne peut sentir que sa main droite. Les médecins le disent débiles, et pourtant il est capable de tout observer, tout entendre, coincé dans son corps sans pouvoir intervenir.

Les situations s’enchaînent au gré des parties, les personnages s’occupant de lui évoluant aussi. Chaque personne est décrite, analysée à sa façon, le monde lui-même est décrit selon sa nouvelle vue. Le plafond prend une grande importance par exemple, coincé qu’il est dans son lit.

Les affreux fait parti des livres qui nous marque, ou du moins qui nous trotte dans la tête pendant quelques temps. Non pas particulièrement à cause du style ou autre, plus suite aux réflexions provoquées. En effet, les AVC sont très courants dans notre société et celui pourrait nous arriver. Au cours de la lecture, on est obligé de s’imaginer à la place d’Alphonse. Autre fait marquant du livre, il permet d’aborder les dérives de notre société. Alphonse nous fait entrevoir la violence conjugale, les tromperies, l’alcoolisme, les mensonges … On a alors tout un panel « d’affreux ». Le livre se lit assez vite, on enchaîne les pages pour découvrir le prochain personnage qui nous sera proposé. Pourtant il y a un bémol à cette nouveauté, j’avoue avoir eu du mal avec le style de l’auteur. Elle utilise la vulgarité, les phrases courtes accrocheuses afin de montrer la violence qui a lieu, je suppose et cela m’a quelque peu gênée.

Sinon, il s’agit d’un bon livre, sans coup de cœur. 


dimanche 29 juillet 2012

Oscar et la dame en rose, Eric Emmanuel Schmitt


Titre : Oscar et la dame en rose
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Editeur : Albin Michel
Date de parution : Octobre 2002
Prix : 9.60 €

Présentation de l'éditeur
Voici les lettres adressées à Dieu par un enfant de dix ans.
Elles ont été retrouvées par Mamie Rose, la " dame rose " qui vient lui rendre visite à l'hôpital pour enfants. Elles décrivent douze jours de la vie d'Oscar, douze jours cocasses et poétiques, douze jours pleins de personnages drôles et émouvants.
Ces douze jours seront peut-être les douze derniers. Mais, grâce à Mamie Rose qui noue avec Oscar un très fort lien d'amour, ces douze jours deviendront légende. 



Avis
Les lettres d’Oscar sont très touchantes et on se prend totalement au jeu des 10 ans gagnés chaque jour. On sait très bien comment cela va finir, on le découvre dès le début avec Oscar, c’est lui qui nous l’annonce. Et c’est justement assez émouvant de voir comment il réagit, comment un si petit garçon peut accepter une nouvelle pareille, réagissant mieux que certains adultes.

C’est aussi très émouvant de voir les autres enfants malades, de découvrir ce qui les amène ici, comment ils le vivent, de voir leur vie de tous les jours à l’hôpital.
Les hésitations, la non croyance en Dieu d’Oscar, qui pourtant accepte de lui écrire chaque jour, chacune de ces douze lettres montre son évolution vis-à-vis de ce qu’il croit ou non. 

J’ai aussi trouvé la relation entre Oscar et mamie Rose très mignonne. Les deux personnages sont très attachants et on sent bien l’amour qu’il y a entre eux.
Maintenant, j’ai bien envie de voir l’adaptation cinéma qui a été faite … Peut-être que je serai déçue, enfin bon, à l’occasion je le regarderai je pense !

jeudi 26 juillet 2012

L'Enfant de Noé, Eric-Emmanuel Schmitt






Titre : L’Enfant de Noé
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Editeur : Albin Michel
Date de parution : Avril 2004
Prix : 15.20 €

Présentation de l’éditeur
«- Nous allons conclure un marché, veux-tu ? Toi, Joseph, tu feras semblant d'être chrétien, et moi je ferai semblant d'être juif. Ce sera notre secret, le plus grand des secrets. Toi et moi pourrions mourir de trahir ce secret. Juré ?
- Juré.»

1942. Joseph a sept ans. Séparé de sa famille, il est recueilli par le père Pons, homme simple et juste, qui ne se contente pas de sauver des vies. Mais que tente-t-il de préserver, tel Noé, dans ce monde menacé par un déluge de violence ?

Un court et bouleversant roman dans la lignée de Monsieur Ibrahim et d'Oscar et la dame rose.

Avis
Il faut avouer que c’est le premier Eric-Emmanuel Schmitt que je lis, si je le connais bien évidemment, je n’avais jamais eu l’occasion / pris le temps de le découvrir par moi-même. Ce roman est assez court (moins de 200 pages) et se lit vraiment vite. En deux heures environ, on l’a fini.

J’ai beaucoup aimé découvrir l’histoire du point de vue de Joseph, qui nous fait ainsi part de ses réflexions d’enfant, qui reste bloqué sur une histoire de noblesse alors que se déroule un drame. Cela donne une certaine fraicheur au roman qui aborde pourtant une histoire assez sombre.

Très peu de personnages sont vraiment développés : Joseph, Rudy, le Père Pons sont les principaux points de repères, mais nous voyons ainsi différentes mentalités et différents âges. Du coup, on aborde des peurs, des préoccupations multiples. Il faut aussi parler de Mademoiselle Marcelle qui est incroyable, on aimerait en savoir un peu plus sur cette femme entière et prête à tout pour ses convictions.
Le livre aborde aussi le sujet des religions avec intelligence et finesse. En expliquant à Joseph les différences entre le christianisme et le judaïsme, beaucoup de douceur ressort et c’est vraiment un beau moment.

J’ai beaucoup aimé ce roman et je pense lire d’autres Eric Emmanuel Schmitt sous peu !

jeudi 14 juin 2012

La Balade de Pell Ridley, Meg Rosoff


Titre : La Balade de Pell Ridley
Auteur : Meg Rosoff
Editeur : Albin Michel
Date de parution : Mai 2012
Prix : 12,50 €

Présentation de l'éditeur
XIXe siècle, Angleterre. Le matin de son mariage, Pell Ridley s’enfuit de chez elle à cheval. Promise depuis l’enfance au fils du forgeron, elle décide d’échapper à un destin tout tracé. Commence pour Pell un long périple, une course sauvage qui la conduit vers son indépendance et la découverte de l’amour...

« Cette quête, merveilleusement racontée, pour la liberté, l’amour et la féminité, transforme une simple chevauchée en chef d’œuvre. » The Times

« Meg Rosoff est un écrivain exceptionnel, captivant – elle fait revire à la perfection une époque et un lieu. » Daily Telegraph

Dès 15 ans.

Avis

J'ai beaucoup aimé ce roman que j'ai dévoré en très peu de temps, presque d'une traite. Pell est une personne forte, qui assume ses choix, ce qui n'était pas courant pour l'époque pour une femme. Refuser le mariage pour vivre sa liberté, voilà qui mérite d'être lu.
Meg Rosoff nous transporte au XIXe siècle, en Angleterre. On vit cette époque avec les yeux de Pell, on hait son père, on plaint sa mère. On ressent bien les émotions de la jeune fille, on a hâte d'avancer avec elle dans son périple, de voir ce qui l'attend. 
On rencontre de nombreux personnages, jamais tout blanc ou tout noir. C'est un point qui fait qu'on apprécie le roman d'ailleurs, chaque personnage est tel qu'on pourrait en rencontrer. Meg Rosoff nous montre, nous fait comprendre les qualités et les défauts de chacun.  
Bref, le talent de Meg Rosoff est encore visible, son écriture fluide nous entraîne à travers des mois, des années de  quête. 

A découvrir.