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mercredi 9 janvier 2013

Hate List, Jennifer Brown


Présentation de l'éditeur
"C'est moi qui ai eu l'idée de la liste. Je n'ai jamais voulu que quelqu'un meure. Est-ce qu'un jour on me pardonneras ?"

C'est ce que pense Valérie, effondrée après un drame inexplicable survenu au lycée. Son petit ami, Nick, a ouvert le feu dans la cafétéria, visant un à un tous les élèves de la liste. Cette fameuse liste qu'ils ont écrite pour s'amuser et où figurent ceux qui étaient odieux, lâches, méprisants dans l'établissement. Maintenant, ils sont blessés ou morts. Et Nick s'est suicidé, emportant son secret pour toujours. Mais Valérie elle, est toujours là, enfermée dans une bulle de questions sans réponses? Jusqu'au matin, où elle se lève et quitte sa chambre pour retourner au lycée...

Avis
J’ai lu Hate list il y a déjà un bon moment, mais je n’avais pas encore pris le temps d’en parler. Nous suivons les pensées et la vie de Valérie, après la fusillade au lycée commise par son copain, Nick. Lui s’est suicidé … Elle est toujours là, montrée du doigt, suspectée alors qu’au final, ce n’est pas elle qui a tiré. Mais d’une certaine façon, elle est responsable, du moins le pense-t-elle comme ses camarades. Un récit sur la culpabilité et l’adolescence… 

Valérie et Nick ne sont pas très populaires, ils subissent moqueries de certains camardes et un jour Valérie craque et débute la liste de la haine (Hate list et oui). 

« C'est là que j'ai eu l'idée d'écrire leur nom dans un carnet, un carnet qui aurait fait office de poupée vaudou de papier, pour me soulager. Le fait de noter leur nom dans ce carnet serait la preuve que c'étaient des super-nuls et que, moi, j’étais une victime. » 

Au fur et à mesure, la liste devient de plus en plus importante, les motifs de plus en plus futiles … Tout le monde a détesté, en a voulu à quelqu’un un jour, et l’a exprimé à sa façon. Eux, c’est grâce à cette liste, du moins c’est ce que pense la jeune fille. Un jour, Nick va au lycée avec des armes et vise et tue les personnes sur cette liste. 

« Je crois qu'à un moment on a pensé publier cette liste, histoire de montrer à tout le monde à quel point certains étaient vaches. Rirait bien qui rirait le dernier, surtout ces cheerleaders qui m'appelaient Soeur Funèbre et ces crétins d'athlètes qui bousculaient Nick dans les couloirs dès que personne ne les surveillait. Ces "adolescents modèles" dont nul ne voulait croire qu'ils étaient largement aussi malveillants que les adolescents dit "mauvais". Plusieurs fois, on avait même évoqué l'idée que le monde serait plus facile à vivre si chacun avait sa liste, autrement dit si chacun était considéré comme responsable de ses gestes. » 

Nous suivons cette histoire petit à petit, alternant entre le passé, le présent. Nous découvrons grâce à la thérapie de Valérie, elle tente d’accepter ce qui s’est passé, ce qui est loin d’être facile. 

On voit aussi une autre face des massacres dont on entend parler régulièrement, qui ne peut pas citer Columbine, on voit l’après dont on parle peu, ceux qui restent, ceux qui étaient amis avec le tueur. Le monde est loin d’être noir ou blanc, tous ont une part de culpabilité, les personnes qui harcelaient et qui les prenaient pour bouc émissaire, Nick … Chacun a sa part de responsabilité, plus ou moins grande évidemment. 

Valérie doit donc accepter d’être l’auteure de la liste de la haine, d’avoir cette responsabilité, mais elle doit supporter les regards des autres, qui oublient qu’au final elle a pris part au massacre pour sauver une fille qu’elle n’aimait pas, qu’elle a pris une balle dans la jambe pour elle, qu’elle a perdu celui qu’elle aimait. 

Hate list est un roman vraiment émouvant, dans le sens où on ressent de nombreuses émotions en le lisant. On est touchés par Valérie, énervés, choqués par le massacre, en colère en lisant les brimades, dépités en voyant à quel point c’est difficile pour la jeune ado de retourner dans son lycée … On le lit d’une traite et on en sort en gardant cette histoire pendant quelques temps dans un coin de la tête. Jennifer Brown a parfaitement réussi son pari, elle nous a emmené où elle le voulait, on sent qu’elle a fait des recherches sur le sujet, qu’elle connaît bien la thématique et c’en est que plus réussi.


dimanche 2 décembre 2012

Parle-moi, Sarah Mlynowski


Présentation de l'éditeur
Devorah Banks a dix-sept ans et tout va mal : le beau Brian vient de la quitter… Pour couronner le tout, elle fait tomber son portable dans une fontaine ! Ce qui, bizarrement, n’empêche pas le téléphone de sonner… et c’est le choc lorsque Devorah entend une voix bien familière au bout du fil : la sienne ! Une version d’elle-même plus jeune de quatre ans, qui n’a pas encore connu ses déboires et aurait bien besoin de ses conseils.
Devorah se retrouve soudain devant une chance inespérée : tout recommencer… autrement !

Avis
Parle-moi est une histoire plutôt sympa, en effet, tout le monde a voulu changer quelque chose de son passé … Pouvoir téléphoner à son « moi » plus jeune semble tellement attrayant … Et pourtant, si l’histoire de base est sympa, j’ai trouvé que ça tournait un peu en rond. Autant Devy jeune m’a parue très sympa, mignonne, attachante, drôle, autant Devy du futur, dite Ivy, m’a semblée autoritaire, jamais satisfaite, avec un désir de revanche à satisfaire assez important … Du coup, elle m’exaspérait un peu et je plaignais la pauvre « Bleue ». Je me disais que je n’aurai jamais pu répondre à autant d’exigence et que je l’aurai envoyé bouler avant ! 

Pourtant, j’ai trouvé que l’histoire était sympa globalement, on passe un bon moment et il se lit très vite, en quelques heures, il est fini. J’aurai aimé en savoir plus sur « l’avant » coup de téléphone, savoir plus sur la vie d’Ivy, en savoir plus sur la vie de Bleue … Bref, j’en aurai voulu plus, davantage de détails… 

Ne crachons pas dessus cependant, le style est pas mal, on passe un bon moment en le lisant mais pas sure de le garder très longtemps en mémoire !

mardi 18 septembre 2012

Treize raisons, Jay Asher


Titre : Treize Raisons
Auteur : Jay Asher
Editeur : Albin Michel
Collection : Wiz
Date de parution : Mars 2010
Prix : 13.70 €

Présentation de l'éditeur
Clay reçoit treize cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui sont impliquées dans sa vie : amies ou ennemies, chacune de ces personnes a compté dans sa décision. D’abord choqué, Clay écoute les cassettes en cheminant dans la ville. Puis, il se laisse porter par la voix d’Hannah. Hannah en colère, Hannah heureuse, Hannah blessée et peut-être amoureuse de lui. C’est une jeune fille plus vivante que jamais que découvre Clay. Une fille qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer…

Avis
Il s'agit là du premier roman de Jay Asher. Un premier roman que je qualifierai de réussi. Dans ce livre il est question de la vie d'Hannah Baker qui s'est terminée de façon tragique à l'aube de sa vie d'adulte. Il est étonnant d'entendre Hannah raconter sa vie de l'au-delà par le biais des cassettes – d’autant qu’à l’heure actuelle, les cassettes ne sont plus utilisées, cela donne un petit côté décalé. Il est également intéressant d'avoir pour narrateur Clay, un garçon, mais surtout celui qui était fou d'elle.
On a envie de savoir pourquoi elle a fait ça, est-ce que cela aurait pu être évité ? Etait-elle si seule ? On se doute que c'est un geste réfléchi, vu qu'il y a ces cassettes. Il lui a fallu du temps pour se confier, expliquer, se souvenir et préparer le parcours de son témoignage.
Dans ce livre, on peut craindre une certaine nostalgie, ou une tristesse à la fin. Pourtant, quand on ferme le livre, il ne reste que de l'espoir. On connaît la fin dès le début du livre, Hannah est morte. Mais elle explique son geste, montre le pourquoi et surtout démontre que chaque geste, chaque parole même minime a un impact dans la vie d'autrui. Hannah décrit le monde de l'adolescence avec justesse, on aborde plusieurs "types" de personnes : le sportif, le comique, etc. Elle y décrit aussi le malaise que l'on peut ressentir, les rumeurs du lycée, l'indifférence ... Et enfin le thème du suicide.
Bref, j'ai beaucoup aimé, ce fut l'un de mes coups de coeur 2010 !


jeudi 14 juin 2012

La Balade de Pell Ridley, Meg Rosoff


Titre : La Balade de Pell Ridley
Auteur : Meg Rosoff
Editeur : Albin Michel
Date de parution : Mai 2012
Prix : 12,50 €

Présentation de l'éditeur
XIXe siècle, Angleterre. Le matin de son mariage, Pell Ridley s’enfuit de chez elle à cheval. Promise depuis l’enfance au fils du forgeron, elle décide d’échapper à un destin tout tracé. Commence pour Pell un long périple, une course sauvage qui la conduit vers son indépendance et la découverte de l’amour...

« Cette quête, merveilleusement racontée, pour la liberté, l’amour et la féminité, transforme une simple chevauchée en chef d’œuvre. » The Times

« Meg Rosoff est un écrivain exceptionnel, captivant – elle fait revire à la perfection une époque et un lieu. » Daily Telegraph

Dès 15 ans.

Avis

J'ai beaucoup aimé ce roman que j'ai dévoré en très peu de temps, presque d'une traite. Pell est une personne forte, qui assume ses choix, ce qui n'était pas courant pour l'époque pour une femme. Refuser le mariage pour vivre sa liberté, voilà qui mérite d'être lu.
Meg Rosoff nous transporte au XIXe siècle, en Angleterre. On vit cette époque avec les yeux de Pell, on hait son père, on plaint sa mère. On ressent bien les émotions de la jeune fille, on a hâte d'avancer avec elle dans son périple, de voir ce qui l'attend. 
On rencontre de nombreux personnages, jamais tout blanc ou tout noir. C'est un point qui fait qu'on apprécie le roman d'ailleurs, chaque personnage est tel qu'on pourrait en rencontrer. Meg Rosoff nous montre, nous fait comprendre les qualités et les défauts de chacun.  
Bref, le talent de Meg Rosoff est encore visible, son écriture fluide nous entraîne à travers des mois, des années de  quête. 

A découvrir.