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samedi 16 février 2013

Ce que je peux te dire d'elles, Anne Icart


Présentation de l'éditeur
Gardienne et témoin de l'histoire familiale – une histoire de femmes, de soeurs, de mères –, Blanche va en retisser tous les fils pour tenter de réparer le lien brisé avec sa propre fille, Violette...

Un matin, très tôt. Le téléphone sonne. Blanche n'aime pas ça : les coups de fil au petit matin n'annoncent jamais rien de bon. Cette fois, pourtant, c'est une bonne nouvelle : Violette a accouché dans la nuit d'un petit garçon. Blanche est bouleversée : elle ne savait même pas que sa fille était enceinte. Et puis un garçon, le premier au bout de cette lignée de filles, quelle histoire... Dans le train qui la mène de Toulouse vers Paris, le trac au coeur, Blanche relit les carnets de moleskine destinés à Violette ou, remontant le temps, elle a essayé de se souvenir de tout, tout ce qu'elle peut lui dire d'elles. Mais Violette l'attend-elle encore au bout de ce chemin à la fois heureux et cabossé ?
Portés par une écriture ultrasensible, ou sous l'apparente douceur du cocon familial gronde la violence des sentiments, on est entraînés dans l'histoire de Blanche, celle de quatre générations de femmes, des années 1950 à nos jours. De la minuscule bicoque d'un petit village des Pyrénées aux ateliers de la maison Balaguère, haute couture, à Toulouse, Blanche recrée ce petit monde que les accidents de la vie, et certains choix, ont rendu presque exclusivement féminin. Il y a d'abord Anna, la grand-mère, qui a élevé ses trois petites-filles, Angèle, Justine et Babé, tôt privées de mère. Angèle, la mère de Blanche, la magnifique, brillante et si fragile Angèle, journaliste àLa Dépêche du Midi ; Justine l'indépendante, la féministe, la couturière aux doigts de fée qui, partie de rien, va créer sa propre maison et devenir la coqueluche des élégantes Toulousaines ; la douce et vaillante Babé, pilier de cette famille bien peu conventionnelle dans laquelle grandit Blanche. Sans père (il est mort avant sa naissance) mais avec trois mères, avant de devenir, à son tour, la mère sans homme de Violette...
Chaleureux et coloré comme une promenade dans la Ville rose (ou comme une collection de Justine...), le roman de cette tribu de femmes émancipées avant l'heure explore avec autant de tendresse que d'acuité toute la complexité des liens maternels.

Avis
Ce que je peux te dire d’elles est une saga familiale sur quatre générations, nous commençons en découvrant Mémé Anna, femme forte, droite, et courageuse qui se retrouve en charge de ses trois petites-filles pour des raisons différentes. Elle élève seule Angèle, Justine et Babé, qui grandiront à leur tour et nous dévoilent leur vie. Trois femmes soudées, qui ne se quitteront jamais, qui vivront les malheurs et les joies de la vie ensemble. 

A leurs côtés, nous vivons le début du féminisme, la haute couture à Toulouse, les deuils, les naissances, les mariages … Une saga familiale de femmes, toutes fortes à leur façon, qui ont chacune quelque chose à apporter. C’est Blanche, la fille d’Angèle, qui nous raconte tout, dans des carnets Moleskine destinés à sa fille, Violette. Les liens maternels sont explorés en profondeur et surtout élargis, car dans cette tribu, on n’a pas qu’une seule mère, c’est toujours trois visages autour de Blanche, quatre visages autour de Violette …

"Trois mères. Pour moi toute seule. Trois mères vivantes. Malgré tout. Virevoltantes. Énergisantes. Polluantes. Ultraprésentes. Une chance ? Allez savoir... Ça dépend des jours. Du plus loin que remontent mes souvenirs, il y a trois visages penchés sur moi.
Un blond, un brun, un auburn.
Sur mon lit, sur mes premiers pas, sur mes devoirs, sur ma vie.
Une série de mains fraîches sur mon front les nuits de fièvre.
Quelques notes de comptine. Bonsoir Madame la Lune, bonsoir...
Et ce curieux, subtil sentiment d’absence aussi. Du père..."

Tous les portraits des personnages sont parfaitement brossés, on imagine parfaitement rencontrer Babé, Justine ou Angèle au coin de la rue, on aimerait même. Au travers des pages, on se retrouve à Toulouse, on a l’impression de voir la ville rose, et lorsqu’on lève les yeux du livre, on est surpris de ne pas s’y trouver. 

Un coup de cœur pour ce livre aux allures simples mais qui sait parfaitement nous toucher, imprégnant en nous son histoire.

Petits mots sur l'auteur
Ariégeoise de cœur mais Parisienne depuis toujours, Anne Icart est rédactrice juridique. Après Les Lits en diagonale (Robert Laffont, 2009, prix des Lycéens de la Fondation Prince-Pierre-de-Monaco), récit de son histoire avec son frère handicapé, Ce que je peux te dire d'elles est son premier roman.
(Source : Robert Laffont)

jeudi 14 février 2013

Le roman du mariage, Jeffrey Eugenides


Présentation de l'éditeur
Université de Brown, années 80. Madeleine Hanna est l'intellectuelle par excellence, la jeune femme douée qui fait une thèse sur « Jane Austen, George Eliot et la question du mariage dans le roman anglais ». Comme dans ces fictions qu'elle dissèque, elle se retrouve au cour d'un dilemme. Une femme, deux hommes : quelles possibilités ? Charismatique, séduisant, Leonard Bankhead n'en est pas moins dévoré par des accès maniaco-dépressifs. 
Mitchell Grammaticus, lui, est un étudiant presque trop sérieux, un ami fidèle. Bien sûr, Madeleine tombe sous le charme de Leonard. Bien sûr, Mitchell tombe sous le charme de Madeleine. Ils découvrent avec exaltation la littérature, Roland Barthes, les Talking Heads, la sémiologie et l'amour. Au fil des lectures, des discussions, des analyses, ils pensent apprendre à déchiffrer le monde. Mais la réalité ne fait pas de cadeaux, surtout à ceux qui pensent que les romans leur ont tout appris. 
Pour les trois jeunes gens, elle se révèle brutale : Madeleine et Leonard se marient, mais le jeune homme est rattrapé par ses pulsions autodestructrices. Mitchell fuit à Paris puis en Inde, sans parvenir tout à fait à oublier Madeleine.

Quelques mots sur l'auteur


Né à Detroit en 1960, Eugenides a toujours su qu'il serait romancier. A 15 ans, il lisait Ovide dans le texte, mais aussi tous les grands auteurs de la vieille Europe, dont les recettes lui semblent inoxydables. "Je crois à la forme classique, dit-il, et à cette chose vitale, essentielle au plaisir : une bonne histoire." Eugenides, c'est d'abord Virgin Suicides - adapté au cinéma par Sofia Coppola en 1999 - et c'est également l'inoubliable Middlesex - prix Pulitzer 2003 -, 700 pages qui tiennent de la saga familiale et de l'épopée génétique pour mettre en scène, sous le signe de la métamorphose, le plus improbable des personnages : un hermaphrodite, dont le destin se déploie entre les rives du Bosphore et le Michigan des sixties. (Source l'Express).

Parcours
1960 Jeffrey Eugenides naît à Detroit (Michigan).
1993 Premier roman, Virgin Suicides. Il a été adapté au cinéma en 1999 par Sofia Coppola.
2002 Deuxième roman, Middlesex, qui obtient le prix Pulitzer de la fiction en 2003.
2007 Il devient professeur de creative writing à l'université de Princeton (New Jersey).
2011 Troisième roman, The Marriage Plot, publié en 2013 en français sous le titre Le Roman du mariage.
(Source le Monde)

Avis

« Selon Saunders, le roman avait connu son apogée avec le roman matrimonial et ne s'était jamais remis de sa disparition. A l'époque où la réussite sociale reposait sur le mariage, et où le mariage reposait sur l'argent, les romanciers tenaient un vrai sujet d'écriture.
Les grandes épopées étaient consacrées à la guerre, le roman au mariage.
L'égalité des sexes, une bonne chose pour les femmes, s'était révélée désastreuse pour le roman. Et le divorce lui avait donné le coup de grâce.
De l'avis de Saunders, le mariage ne signifiait plus grand-chose, et il en allait de même pour le roman.
Qui utilisait encore le mariage comme ressort dramatique? Personne.
On n'en trouvait plus trace que dans les fictions historiques. »

Le roman du mariage est un livre qui nous permet d’aborder de nombreux thèmes : mariage, amour, littérature, homosexualité, sémiotique, années 1980’s, … Nos trois héros sont attachants, avec des bons et mauvais côtés, humains au final. Tous les trois ont des parcours différents et des chemins de vie, des passions diverses. Mitchell qui se révèle passionné par les religions et qui part en Inde pour aider les pauvres aux côtés de Mère Theresa ; Maddy, passionnée de littérature, qui se spécialise dans le roman du mariage et qui découvre la sémiotique ; et enfin Leonard, passionné de biologie, scientifique espérant faire une découverte capitale. Tous sont très cultivés et nous font partager leurs connaissances, leurs livres de chevet et notamment les Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes. Si certaines références ne sont pas forcément connues, cela ne gêne en rien la lecture et permet même d’acquérir de nouvelles connaissances. Je n'ai jamais pris le temps de lire les Fragments d'un discours amoureux et je dois avouer, ma lecture finie, que je l'ai emprunté car je souhaite le découvrir, les citations extraites m'ont donné attirée. 

« La littérature était la voie que choisissaient les gens qui ne savaient pas quelle voie choisir. » p.38

L’histoire en elle-même, si on regarde superficiellement, est plutôt banale : un trio amoureux Mitchell aime Madeleine qui aime Leonard, et pourtant c’est beaucoup plus que cela. Presque un prétexte pour aborder toutes les autres thématiques et nous séduire totalement.Le thème de la maladie mentale est très bien développé, très bien décrit. On sent bien que l'auteur a fait des recherches pour donner l'aspect réaliste à son personnage, et qu'il a bien réussi ! 

Après Virgin Suicides et Middlesex, Jeffrey Eugenides revient avec un livre à dévorer. Un véritable coup de coeur, je me suis totalement attachée aux personnages, j'ai adoré Maddy ... A la dernière page, je me suis dit "oh déjà ...", j'en voulais davantage. Décidément, un livre tous les 10 ans soit, mais surtout à chaque fois des livres qui marquent.  

mercredi 30 janvier 2013

Dix rêves de pierre, Blandine le Callet

Présentation de l'éditeur
Certaines inscriptions funéraires possèdent un singulier pouvoir d’évocation ; leur lecture fait surgir le fantôme de personnes disparues depuis parfois des siècles.

Blandine Le Callet réunit dans ce recueil des épitaphes authentiques, à partir desquelles elle imagine les dernières heures, les derniers jours ou les derniers mois du défunt. Elle ressuscite un jeune esclave à qui l’on vient d’offrir sa liberté, un philanthrope piégé dans l’étouffant huis clos d’un bordel parisien, deux êtres unis par un amour hors norme en route vers leur destin, une vieille dame acariâtre rédigeant son testament, et bien d’autres encore...

Dix destins arrêtés par des morts douces ou violentes, subites ou prévisibles, solitaires ou collectives.

Dix nouvelles tour à tour poétiques, féroces, tendres, dramatiques, nostalgiques ou grinçantes, dépeignant une humanité toujours assaillie par les mêmes passions, les mêmes peurs et les mêmes espoirs.

Dix « rêves de pierre » pour conjurer l’oubli.

Avis
Dix rêves de pierre est un recueil de dix nouvelles portant sur les dernières heures, derniers jours d’une personne. Chaque fin d’histoire montre l’épitaphe sur laquelle l’auteure s’est appuyée. Les nouvelles sont classées par ordre chronologique, nous commençons par l’Empire romain pour finir à nos jours. Les histoires sont très émouvantes, plusieurs m’ont surprise en découvrant l’épitaphe finale, je n’en dirai pas plus mais j’espère que vous serez étonnés aussi !

Je dois avouer que toutes les nouvelles m’ont plue, je suis totalement entrée dans chacune et découvrir les épitaphes à la fin donnait un petit plus. Chaque histoire est totalement différente, des personnages d’âge, de situation, de vie différents.

Comme pour chacun de ses livres, j’ai été conquise par Blandine le Callet et c’est à nouveau un coup de cœur, que je recommande vivement. Une des nouvelles s’inspire d’une épitaphe qui a déjà fait l’objet de narration, dont une par Barbey d’Aurevilly, du coup ça m’a donnée envie de découvrir sa version. Les dix nouvelles se lisent très vite, bien trop vite, et on en redemande, j’en aurai bien lu encore davantage. Je ne m’étais jamais vraiment intéressée aux épitaphes, je pense que maintenant je regarderai plus attentivement ces témoignages de vie. Un très bel hommage de Blandine le Callet !

La postface d’ailleurs est magnifique, car elle explique d’où viennent toutes ces nouvelles, d’où viennent ces choix, les recherches réalisées, l’écriture du livre …

Enfin, si vous ne l’aviez pas compris, je recommande vivement ce livre, mon premier vrai gros coup de cœur de 2013. 

lundi 14 janvier 2013

Divergente T2, Veronica Roth


Présentation de l'éditeur
Abandonnant une ville à feu et à sang, Tris est en fuite ; Grâce à ses facultés de Divergente, alle a réussi à échapper au programme des Érudits qui a manipulé et lancé les soldats Audacieux à l’assaut des Altruistes. En trois jours, Tris a perdu sa faction, ses amis, ses aprents. Pourtant, elle n’a pas le droit de baisser les bras. Elle seule peut se dresser face aux Érudits. Avec son frère Caleb et son petit ami Tobias, elle doit trouver des alliés parmi les autres factions, les Fraternels et les Sincères. Mais ceux-ci se montrent méfiants. Or les combats ont repris, et le temps presse... 

Avis
Attention, ceci est le tome 2, des spoilers peuvent être contenus dans cet avis !

 J’ai commencé ma lecture du deuxième tome de Divergent en luttant un peu je dois avouer, non pas à cause du livre, mais parce que j’étais dans une période de non-lecture … Sauf que Tris m’a convaincue de poursuivre son aventure et de me plonger à nouveau dans son monde, de me laisser découvrir les nouvelles informations que l’on obtient, apprécier davantage Quatre, ne pas aimer certaines personnes … Bref de rejoindre à nouveau cet univers créé par Veronica Roth… Vraiment du talent cette jeune femme ! Surtout celui de nous laisser sur notre faim lors des dernières pages … Nous revoici lancer pour une nouvelle – longue – attente.

Enfin, parlons un petit peu de ce deuxième tome. Nous retrouvons donc Tris, qui n’a pas changé, attachante mais agaçante. On retrouve aussi Quatre. Toujours pareil à lui-même également … Mieux connaître les personnages principaux et secondaires m’a beaucoup plu, m’a permis de mieux apprécier certains, d’être déçue d’autres … On en apprend beaucoup plus sur les factions et plus particulièrement sur les sans-factions. J’ai beaucoup aimé plongé plus en avant dans ce monde, en découvrir davantage, avoir plus d’informations sur les différentes factions et leurs modes de vie, sur l’historique aussi … Le tome est plus chargé en actions aussi, beaucoup de bagarres, beaucoup d’adrénalines, beaucoup d’émotions ! Si le tome 1 m’avait conquise par la surprise, celui-ci m’a moins étonnée mais je suis toujours autant éprise de l’imaginaire de Veronica Roth.

« J'ai lu quelque part que le fait de pleurer défie toute explication scientifique. A priori, les larmes ne servent qu'à lubrifier les yeux. Il n'y a pas de raison biologique pour que les émotions commandent une surproduction de larmes.
Moi, je pense que nous pleurons pour exprimer la part animale qui est en nous sans renoncer à notre humanité. Parce que, en moi, il y a une bête qui gronde et qui grogne et qui se bat pour retrouver sa liberté, retrouver Tobias et, par-dessus tout, rester en vie. Et quoi que je fasse, je ne peux pas la tuer. Alors je pleure, le visage entre les mains. »

Je vais tenter de me procurer le tome 1.5 : une nouvelle racontant un évènement du tome 1 du point de vue de Quatre. Uniquement en anglais et uniquement en électronique … Mais cela ne m’arrêtera pas, il faut juste que je vois où la trouver !

Vivement le tome 3 … Le tome 2 confirme mon coup de cœur pour cette série, même si je maintiens que je ne suis pas contente que les éditeurs aient changé le titre en DivergentE et surtout qu’ils aient changé l’univers des couvertures … Mais on ne choisit pas !


lundi 10 décembre 2012

Glow 1, Amy Kathleen Ryan


Présentation de l'éditeur
Alors qu'elle vient de fêter son 15ème anniversaire, Waverly n'a connu qu'un seul foyer, l'Empyrée, une navette spatiale à destination de la Nouvelle Terre.
Sa mission : mettre au monde les enfants qui peupleront la planète. Tous la destinent à Kieran, son ami d'enfance et le futur capitaine du vaisseau. Pourtant Waverly aspire à une autre vie et les silences de son ami Seth l'attirent davantage que les exploits de Kieran.
Lorsque le navire jumeau de l'expédition attaque l'Empyrée pour enlever toutes les jeunes filles, plus le temps de s'interroger. Waverly et ses amies doivent survivre dans un milieu hostile aux pratiques très différentes des leurs.

Avis
Glow fait parti des livres dont on parle beaucoup sur la blogosphère en ce moment, il est partout, il est apprécié, il est recommandé … Et maintenant que je l’ai lu, je vais en parler, je l’ai apprécié et je le recommande ! 

C’est un vrai coup de cœur pour ce livre, même si je trouve la pub « Une nouvelle série pour les fans de Hunger Games ! » un peu mensongère … Ce n’est pas vraiment le même genre, si ce n’est que l’on reste dans la dystopie. 

Nous sommes dans l’espace au sein d’une navette spéciale qui a pour destination la nouvelle Terre. Deux vaisseaux existent dans cet espace et lorsque le vaisseau jumeau s’arrête à proximité de l’Empyrée, alors qu’il est censé avoir un an d’avance, les choses sérieuses commencent … 

Le deuxième vaisseau : Nouvel Horizon, est là pour kidnapper tous les jeunes filles de l’Empyrée. 

Le livre est découpé en plusieurs parties et on alterne les points de vue entre Waverly, une des jeunes filles enlevées et Kieran, jeune homme resté sur l’Empyrée. Cela nous permet d’appréhender les deux situations simultanément et de suivre leurs différentes aventures. D’autant que les deux personnages sont très différents, à se demander s’ils sont vraiment faits pour être ensemble ! Cependant, c’est surtout leur évolution au cours du livre qui montre leur véritable personnalité et qui nous permet de nous sentir plus ou moins proche d’eux. 

J’ai été complètement happée par cet univers, j’ai tout de même réussi à ralentir mon rythme sur la fin pour en profiter davantage … Mais je n’osais pas imaginer de quoi serait fait la suite, je préférai me faire complètement surprendre par l’auteure, ce qu’elle a réussi à faire quelques fois. 

Si l’on retrouve quelques éléments du Young adult habituel comme les fameux triangles amoureux, celui-ci est différent dans le sens où d’habitude, on ne peut s’empêcher de préférer l’un des garçons … Là, non. Je dois avouer que je suis bien en peine de choisir entre l’un et l’autre, je trouve que chacun a d’énormes défauts et donc impossible de choisir, Waverly devra choisir ! 

L’histoire est très bien ficelée et on pourrait le lire d’une traite, les personnages nous accrochent, il y a de l’action, du suspense, de l’amour, un monde à part, des méchants … Que demander de plus ? Si ce n’est la suite !

jeudi 18 octobre 2012

L'Embellie, Audur Ava Olafsdottir


Présentation de l'éditeur
En ce ténébreux mois de novembre, la narratrice voit son mari la quitter sans préavis et sa meilleure amie lui confier son fils de quatre ans. Qu'à cela ne tienne, elle partira pour un tour de son île noire, seule avec Tumi, étrange petit bonhomme, presque sourd, avec de grosses loupes en guise de lunettes.

Avec un humour fantasque et une drôlerie décapante, l’Embellie ne cesse de nous enchanter par cette relation cocasse, de plus en plus attentive, émouvante entre la voyageuse et son minuscule passager. Ainsi que par sa façon incroyablement libre et allègre de prendre les fugaces, burlesques et parfois dramatiques péripéties de la vie, et de la vie amoureuse, sur fond de blessure originelle. Et l’on se glisse dans l’Embellie avec le même bonheur immense que dans Rosa candida, en une sorte d’exultation complice qui ne nous quitte plus.

Avis
Ayant eu un coup de cœur pour Rosa Candida, précédent livre de l’auteure, j’attendais avec impatience ce nouveau titre, même si la crainte d’être déçue était bien présente. On retrouve cependant bien le style d’Audur Ava Olafsdottir, qui nous passionne en nous racontant des histoires de la vie de tous les jours. Il ne se passe rien d’extraordinaire dans ce livre, et pourtant on en redemande. Nous sommes dans un roman très réaliste qui nous montre l’évolution de deux personnes, petit à petit. Les relations avec les autres personnes sont peu développées mais on en comprend largement assez, on voit bien qu’elles sont limitées, alors à quoi bon en écrire des pages ?

Comme dans Rosa Candida, on est en présence de héros « normaux », ils ne sont pas plus forts que la moyenne, pas plus intelligents, ils ont des caractéristiques comme tout le monde. Le petit garçon, qui est handicapé, est absolument adorable, attachant, en un mot : irrésistible. On part dans un « road-book » comme dans Rosa Candida, et l’on voyage à travers l’Islande. Entre rires et larmes, ce livre nous touche, nous émeut, on en voudrait davantage. N’hésitez pas à découvrir ce superbe roman.

Maintenant que ce deuxième roman est fini, une seule autre demande : à quand le troisième ? 


vendredi 28 septembre 2012

Certaines n'avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka


Titre : Certaines n'avaient jamais vu la mer
Auteur : Julie Otsuka
Editeur : Phébus
Date de parution : Août 2012
Prix : 15 €

Présentation de l'éditeur

Nous sommes en 1919. Un bateau quitte l’Empire du Levant avec à son bord plusieurs dizaines de jeunes femmes promises à des Japonais travaillant aux États-Unis, toutes mariées par procuration.


C’est après une éprouvante traversée de l’Océan pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leurs futurs maris. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui auquel elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.

À la façon d’un chœur antique, leurs voix se lèvent et racontent leurs misérables vies d’exilées… leurs nuits de noces, souvent brutales, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l’humiliation des Blancs… Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre et la détention dans les camps d'internement – l’État considère tout Japonais vivant en Amérique comme traître. Bientôt, l’oubli emporte tout, comme si elles, leurs époux et leurs progénitures n’avaient jamais existé. 

Avis

J’avais très envie de lire cette histoire … Il faisait parti de mes attentes de la rentrée littéraire et je n’ai pas été déçue !

Si la forme de roman choral m’a surprise au début, la narration en « nous » étant assez peu courante malgré tout, elle a cependant contribué à mon coup de cœur. Ce « nous » renforce l’histoire, les émotions, on comprend qu’elles étaient vraiment nombreuses, on aborde de nombreuses histoires ainsi. On ne sait pas vraiment ce qui arrive à qui, mais on s’en moque à vrai dire. On est touché par ces femmes, par ces couples, par ces moments de vie …

Décomposé en chapitres plus ou moins longs qui abordent leur vie aux Etats-Unis, on découvre la vie de beaucoup de ces japonaises, leur difficulté à s’adapter, leur surprise, leur vie de tous les jours … On retrouve ou on apprend le racisme anti-japonais, on vit surtout l’époque de la seconde guerre mondiale où tous ces japonais sont considérés comme des traitres (un long chapitre évoque la question).

Le style de Julie Otsuka est vraiment très simple, très beau, très fluide. On lit d’une traite cette histoire qui nous permet d’aborder un pan de la seconde guerre mondiale dont on entend peu parler.

On évoque également la culture japonaise, le voyage du Japon vers les Etats-Unis et ses conditions misérables, mais aussi la découverte, la déception de la rencontre avec ce mari qu’on ne connaît pas. Puis la naissance des enfants, l’éducation à l’américaine … Bref beaucoup de scènes de vie de tous les jours, qui nous font passer les années sans que l’on s’en rende compte … On passe de 1919 à 1945 sans s’en apercevoir !

Un coup de cœur, à faire découvrir !


dimanche 9 septembre 2012

La Voleuse de livres, Markus Zusak





Titre : La Voleuse de livres
Auteur : Markus Zusak
Editeur : Pocket Jeunesse
Date de parution : Janvier 2007
Prix : 20.18 €

Présentation de l'éditeur
Un roman où il est question : d'une fillette, de mots, d'un accordéoniste, de fanatiques, d'un boxeur juif, d'un certain nombre de vols... C'est la Mort elle-même qui raconte cette histoire. Dotée d'un humour noir, sarcastique, mais compatissant, elle est témoin de la folie des hommes. Tout semble perdu d'avance, sauf quand se distinguent des enfants rebelles et des Allemands qui n'obéissent pas aux règles... Quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l'écouter ! 

Avis




L’ayant réacquis suite à la disparition soudaine de l’un de mes livres fétiches (prêté, jamais rendu), je l’ai donc racheté comme je le disais à Bookoff, et il est donc normal d’en faire une petite critique.
La Voleuse de livres a pour première originalité d’avoir pour narrateur la Grande Faucheuse. Celle-ci est assez drôle, très ironique, presque cynique, elle nous raconte l’histoire d’une petite fille et de la façon dont elle lui échappe à plusieurs reprises. Tout cela avec un côté historique avec la Seconde Guerre mondiale en toile de fond. 

La Mort porte un œil cynique sur cette folie des hommes qui se font la guerre et s’entretuent, je l’ai trouvée presque compatissante envers Liesel de temps en temps. Les personnages sont touchants, émouvants. Rudy et sa passion pour Jesse Owens, au point de se gribouiller le visage de charbon et de s’entrainer à courir la nuit … Je l’ai trouvé vraiment mignon et que dire de Hans, un père adoptif formidable, même s’il ne remplit pas vraiment ce rôle là, il est plus comme ami, confident … Au cours de l’histoire on assiste également à la passion, qui se traduisent sous la forme des petits larcins de Liesel, ses vols de livres (même si parfois, on lui offre il faut bien l’avouer). 

Ainsi dans ce livre, la Mort s’adresse à nous, mais elle ne nous apparaît pas de façon effrayante, elle reste très drôle, très sarcastique et on oublie qui elle est, même si dès le début, elle nous annonce la couleur.

« Un détail : Vous allez mourir. En toute bonne foi, j'essaie d'aborder ce sujet avec entrain, même si la plupart des gens ont du mal à me croire, malgré mes protestations. Faites-moi confiance. Je peux vraiment être enjouée. Je peux être aimable. Affable. Agréable. Et nous n'en sommes qu'aux « A ». Mais ne me demandez pas d'être gentille. La gentillesse n'a rien à voir avec moi. »

Autre détail intéressant, il aborde une vision de l’Histoire dont on entend peu parlé : les allemands résistants. En effet, souvent lors de nos cours d’histoire, il y a les « bons » et les « méchants » pour schématiser. A travers ce livre, on se rend compte – même si on s’en doutait – que certains allemands luttaient contre Hitler. On connaît bien la Rose blanche avec Sophie et Hans Scholl, mais là on aborde des actes isolés, des pensées non politiques, juste un sens de la justice. 

J’ai trouvé une critique du Monde des livres qui résume en une phrase ce que je pense du livre : « La Voleuse de livres célèbre l’amour de la lecture, les liens familiaux, la solidarité humaine. De quoi attendrir la Mort elle-même. » — Le Monde des livres, Johanna Luyssen, 5 avril 2007

Bref, si vous n’avez jamais eu l’occasion de lire cette histoire, n’hésitez plus …


vendredi 7 septembre 2012

Quatre filles et un jean pour toujours


Lu dans le cadre d'une lecture commune

Titre : Quatre filles et un jean pour toujours
Auteur : Ann Brashares
Editeur : Gallimard
Date de parution : Juin 2012
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur
Carmen est une actrice célèbre à New York. Lena enseigne à Rhode Island. Bridget vit avec son petit ami, Éric, à San Francisco. Alors Tibby décide de réunir ses amies, envoyant à chacune d’elles des billets d’avion pour partager des moments d’amitié qu’elles attendent toutes avec impatience. Et comme l’annonce ce cinquième tome, elle changera leur vie pour toujours, mais de façon totalement inattendue. L’amitié ses affres et ses joies... 

Avis
Ce livre m'a bouleversée. J'avais lu les tomes précédents quand j'étais plus jeune, il y avait un côté niais, mais positivement. Lorsque j'avais fini le quatrième tome, je m'étais dit que je voudrais les retrouver dans quelques années, voir quand elles seraient adultes, comment elles auraient évolué, si elles étaient toujours amies. 

L'auteur l'a fait. Nous voici un peu plus de 10 ans plus tard ... Les filles ont bien grandi, elles approchent de leurs 30 ans. Elles sont toujours amies même si elles sont moins proches que durant l'adolescence, ce qui arrive régulièrement. 

Ann Brashares a totalement réussi son pari à mon sens. Il s'agit là du meilleur tome de la série et de loin. Elle passe un cap avec ce roman, elle a repris ses héroines et les a fait évoluer parfaitement, tout colle comme il faut. C'est une fin "parfaite". Bien sur, l'évènement qui bouleverse toute leur vie est stupéfiant, incroyable, on ne veut pas y croire et pourtant c'est ce qui rend ce livre vraiment émouvant. 

C'est un véritable coup de coeur pour moi. J'espère vraiment qu'elle ne fera pas de suite et qu'elle laissera les héroines à ce point, prête à entrer dans leur trentième année. 

Les autres personnes qui ont participé :

- Dex
- Bouquinons
- Luna
- Kik

mercredi 5 septembre 2012

Chapardeuse, Rebecca Makkai


Sélectionné pour le Prix America

Titre : Chapardeuse
Auteur : Rebecca Makkai
Editeur : Gallimard
Date de parution : Août 2012
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur
Lucy, célibataire pas encore trentenaire, est bibliothécaire dans une petite ville perdue du Middle West. Ian, dix ans, fils unique de chrétiens fondamentalistes homophobes, est son plus fidèle lecteur. Un beau matin, elle le découvre sur son lieu de travail réfugié parmi les livres. Contre toute attente, elle ne va pas le ramener tout de suite à ses parents. Ensemble, ils vont parcourir plusieurs Etats de cette Amérique post-11-Septembre.

Pour ce gamin rêveur, c'est la découverte du vaste monde ; pour elle, l'occasion de s'interroger sur ses origines russes, le déracinement de ses ancêtres et leurs aspirations à plus de liberté. Rebecca Makkai signe ici un premier roman humaniste et original en forme de road-book. Une balade épique et onirique qui décortique les traumatismes d'une nation faite d'immigrants, de fugueurs et de chapardeurs d'identités.

Avis


Rebecca Makkai signe ici son premier roman qui nous emmène à travers l’Amérique grâce à deux personnages assez différents l’un de l’autre. Lucy, l’adulte, bibliothécaire jeunesse de 26 ans se retrouve « kidnappée » par Ian, enfant de 10 ans, passionné de lecture et soupçonné d’être homosexuel par ses parents.

Les parents de Ian sont des chrétiens fondamentalistes homophobes, ainsi il est hors de question que leur fils ne soit pas hétéro et il est conduit chaque semaine dans un stage de réadaptation avec le pasteur Bob. Si Ian ne comprend pas trop ce qu’il en est, ne semble pas plus perturbé que cela, il l’est en revanche davantage quand sa mère lui interdit de nombreuses lectures. Ainsi, il lui est impossible de lire Harry Potter, Bilbo le Hobbit et tout autre livre contenant ou évoquant des magiciens, des sorciers ou autres. Il ne peut lire que des romans parlant de la religion. Or, cela se révèle assez limité. Loin d’être sans ressources, le petit garçon se débrouille pour obtenir des romans qui lui plaisent de la part de Lucy, en cachette.

La vie continue ainsi jusqu’à ce matin, où Lucy tombe sur le petit garçon dans la bibliothèque. Enfermé pour la nuit au sein de l’établissement, il s’est caché et « kidnappe » la bibliothécaire. S’en suit un magnifique « road-book » à travers les Etats-Unis. On comprend pourquoi Lucy ne ramène pas Ian chez lui, on aborde de nombreuses questions annexes : l’histoire de la Russie, les relations familiales, l’homosexualité, la vision de cette homosexualité dans une partie des Etats-Unis. Bref un roman ancré dans son époque qui la décrit merveilleusement bien. Les personnages sont attachants, drôles. On aimerait que le voyage dure plus longtemps.

Le style de Rebecca Makkai nous emmène à travers la société américaine tout en nous faisant réfléchir à notre tour. Comment aurions-nous réagit face à ce petit garçon ?

Il s’agit certainement d’un de mes coups de cœur de la rentrée littéraire. A conseiller.