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lundi 29 avril 2013

La Singulière tristesse du gâteau au citron, Aimee Bender


Présentation de l'éditeur
Le jour de ses neuf ans, Rose Edelstein mord avec délice dans le gâteau au citron préparé pour l'occasion. S'ensuit une incroyable révélation : elle ressent précisément l'émotion éprouvée par sa mère, alors qu'elle assemblait les couches de génoise et de crème. Sous la douceur la plus exquise, Rose perçoit le désespoir. Ce bouleversement va entraîner la petite fille dans une enquête sur sa famille. Car, chez les Edelstein, tous disposent d'un pouvoir embarrassant : odorat surpuissant ou capacité de se fondre dans le décor au point de disparaître. Pour ces super-héros du quotidien, ce don est un fardeau. Chacun pense être affligé d'un mal unique, d'un pouvoir qu'il faut passer sous silence. Comment vivre lorsque les petits arrangements avec la vérité sont impossibles ? Comment supporter le monde lorsque la moindre bouchée provoque un séisme intérieur ? Comme le singulier gâteau de Rose, les livres d'Aimee Bender sont recouverts d'un succulent glaçage, fait d'humour et de fantaisie.

Avis
Le titre de ce roman m’a beaucoup attirée, d’autant plus que j’en entendais de très bonnes critiques (j’avais écrit « trop », lapsus ?). C’est donc avec un a priori très positif que je commençai ma lecture … Lecture que j’ai finie il y a presque un mois déjà … Je mets donc du temps à écrire cette critique !

Pour commencer, j’ai beaucoup aimé Rose, une petite fille très humaine, attachante, vive qui nous fait part de réflexions assez intéressantes, qui voit la vie avec justesse. Elle est très posée, capable d’assumer des informations qui ne sont pas forcément de son âge. J’ai été moins enthousiaste pour le reste de la famille, le frère (Joseph) m’a dérangée et les parents m’ont semblés inintéressants. J’ai par contre beaucoup aimé le meilleur ami du frère, George, qui est une personne très positive, qui s’intéresse aux autres, alors que Joseph est renfermé, n’aime pas les gens, bref un duo totalement différent.

On suit leurs vies sur une quinzaine d’années, au début Rose est une petite fille de huit ans, un peu paumée en découvrant ce « don » qui lui permet de ressentir les émotions des gens en mangeant la nourriture qu’ils ont préparée. Au fur et à mesure, grâce à des expériences, grâce au temps, à la maturité etc, elle apprend à mieux apprivoiser ce « pouvoir », belle métaphore pour montrer qu’elle arrive à mieux se connaître, à mieux se trouver.

Différents thèmes sont abordés au cours de ce livre, tout d’abord évidemment la nourriture, les goûts sont décrits de façon très profonde, on a l’impression de goûter en même temps que Rose, de ressentir ce qu’elle ressent, et surtout on comprend le malaise qu’elle peut éprouver ! Avec Joseph et la mère, on aborde les relations mère / fils, un lien assez difficile relie ces deux personnages. Joseph est considéré comme la huitième merveille du monde, il ne peut être que parfait, il est son tout, cette relation m’a parfois mis mal à l’aise, surtout vis-à-vis de Rose. On parle également du thème du génie, car Joseph est considéré comme un génie, malheureusement pour lui trop introverti pour faire réellement passer ses connaissances.

Pour finir, c’est un bon roman, qui est intéressant à découvrir, cela dit avec les critiques dithyrambiques entendues, je m’attendais un petit peu à mieux. Je n’ai pas été spécialement captivée par les « super pouvoirs » familiaux, par contre j’ai bien aimé les métaphores qu’ils symbolisaient.

Le style d’Aimee Bender est agréable, on passe un bon moment à lire ses phrases, son histoire. Tout s’enchaîne de façon fluide, on a quelques rebondissements, de l’amour, de l’amitié, du bon esprit en somme.

jeudi 14 février 2013

Le roman du mariage, Jeffrey Eugenides


Présentation de l'éditeur
Université de Brown, années 80. Madeleine Hanna est l'intellectuelle par excellence, la jeune femme douée qui fait une thèse sur « Jane Austen, George Eliot et la question du mariage dans le roman anglais ». Comme dans ces fictions qu'elle dissèque, elle se retrouve au cour d'un dilemme. Une femme, deux hommes : quelles possibilités ? Charismatique, séduisant, Leonard Bankhead n'en est pas moins dévoré par des accès maniaco-dépressifs. 
Mitchell Grammaticus, lui, est un étudiant presque trop sérieux, un ami fidèle. Bien sûr, Madeleine tombe sous le charme de Leonard. Bien sûr, Mitchell tombe sous le charme de Madeleine. Ils découvrent avec exaltation la littérature, Roland Barthes, les Talking Heads, la sémiologie et l'amour. Au fil des lectures, des discussions, des analyses, ils pensent apprendre à déchiffrer le monde. Mais la réalité ne fait pas de cadeaux, surtout à ceux qui pensent que les romans leur ont tout appris. 
Pour les trois jeunes gens, elle se révèle brutale : Madeleine et Leonard se marient, mais le jeune homme est rattrapé par ses pulsions autodestructrices. Mitchell fuit à Paris puis en Inde, sans parvenir tout à fait à oublier Madeleine.

Quelques mots sur l'auteur


Né à Detroit en 1960, Eugenides a toujours su qu'il serait romancier. A 15 ans, il lisait Ovide dans le texte, mais aussi tous les grands auteurs de la vieille Europe, dont les recettes lui semblent inoxydables. "Je crois à la forme classique, dit-il, et à cette chose vitale, essentielle au plaisir : une bonne histoire." Eugenides, c'est d'abord Virgin Suicides - adapté au cinéma par Sofia Coppola en 1999 - et c'est également l'inoubliable Middlesex - prix Pulitzer 2003 -, 700 pages qui tiennent de la saga familiale et de l'épopée génétique pour mettre en scène, sous le signe de la métamorphose, le plus improbable des personnages : un hermaphrodite, dont le destin se déploie entre les rives du Bosphore et le Michigan des sixties. (Source l'Express).

Parcours
1960 Jeffrey Eugenides naît à Detroit (Michigan).
1993 Premier roman, Virgin Suicides. Il a été adapté au cinéma en 1999 par Sofia Coppola.
2002 Deuxième roman, Middlesex, qui obtient le prix Pulitzer de la fiction en 2003.
2007 Il devient professeur de creative writing à l'université de Princeton (New Jersey).
2011 Troisième roman, The Marriage Plot, publié en 2013 en français sous le titre Le Roman du mariage.
(Source le Monde)

Avis

« Selon Saunders, le roman avait connu son apogée avec le roman matrimonial et ne s'était jamais remis de sa disparition. A l'époque où la réussite sociale reposait sur le mariage, et où le mariage reposait sur l'argent, les romanciers tenaient un vrai sujet d'écriture.
Les grandes épopées étaient consacrées à la guerre, le roman au mariage.
L'égalité des sexes, une bonne chose pour les femmes, s'était révélée désastreuse pour le roman. Et le divorce lui avait donné le coup de grâce.
De l'avis de Saunders, le mariage ne signifiait plus grand-chose, et il en allait de même pour le roman.
Qui utilisait encore le mariage comme ressort dramatique? Personne.
On n'en trouvait plus trace que dans les fictions historiques. »

Le roman du mariage est un livre qui nous permet d’aborder de nombreux thèmes : mariage, amour, littérature, homosexualité, sémiotique, années 1980’s, … Nos trois héros sont attachants, avec des bons et mauvais côtés, humains au final. Tous les trois ont des parcours différents et des chemins de vie, des passions diverses. Mitchell qui se révèle passionné par les religions et qui part en Inde pour aider les pauvres aux côtés de Mère Theresa ; Maddy, passionnée de littérature, qui se spécialise dans le roman du mariage et qui découvre la sémiotique ; et enfin Leonard, passionné de biologie, scientifique espérant faire une découverte capitale. Tous sont très cultivés et nous font partager leurs connaissances, leurs livres de chevet et notamment les Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes. Si certaines références ne sont pas forcément connues, cela ne gêne en rien la lecture et permet même d’acquérir de nouvelles connaissances. Je n'ai jamais pris le temps de lire les Fragments d'un discours amoureux et je dois avouer, ma lecture finie, que je l'ai emprunté car je souhaite le découvrir, les citations extraites m'ont donné attirée. 

« La littérature était la voie que choisissaient les gens qui ne savaient pas quelle voie choisir. » p.38

L’histoire en elle-même, si on regarde superficiellement, est plutôt banale : un trio amoureux Mitchell aime Madeleine qui aime Leonard, et pourtant c’est beaucoup plus que cela. Presque un prétexte pour aborder toutes les autres thématiques et nous séduire totalement.Le thème de la maladie mentale est très bien développé, très bien décrit. On sent bien que l'auteur a fait des recherches pour donner l'aspect réaliste à son personnage, et qu'il a bien réussi ! 

Après Virgin Suicides et Middlesex, Jeffrey Eugenides revient avec un livre à dévorer. Un véritable coup de coeur, je me suis totalement attachée aux personnages, j'ai adoré Maddy ... A la dernière page, je me suis dit "oh déjà ...", j'en voulais davantage. Décidément, un livre tous les 10 ans soit, mais surtout à chaque fois des livres qui marquent.